Les anges dans nos campagnes

Article de Christel Juquois La Croix du 28 août 2026
Les chrétiens doivent-ils croire aux anges ? Dans le Vocabulaire de théologie biblique, publié en 1969, les théologiens Pierre-Marie Galopin et Pierre Grelot, après avoir longuement présenté ce que la Bible dit des anges, jugeaient bon de se demander « quel sens ont des représentations qui sont largement empruntées au monde païen ambiant (Babylone notamment, NDLR) et qui traduisent des éléments périphériques du message biblique ». Des propos qui reflétaient alors une certaine désaffection des chrétiens de l’époque pour le monde angélique.
L’existence de ces « êtres spirituels, non corporels », est pourtant « une vérité de foi » (Catéchisme de l’Église catholique, 328). Le Credo confesse un Dieu créateur « de l’univers visible et invisible ». « Je crois aux anges, explique le père Pierre Doat, recteur du sanctuaire du Mont-Saint-Michel, auteur des Anges en 50 questions, paru aux éditions Salvator (août 2026). « D’abord parce que ces créatures sont très souvent mentionnées dans la Bible, 400 fois environ. Et parce qu’en théologie, le monde invisible est peuplé non pas par Dieu, qui l’a créé en dehors de lui, mais bien par les anges et par les âmes des défunts. »
Que dit la Bible à propos des anges ?
L’Ancien Testament les présente comme des serviteurs de Dieu. Il en fait « sa monture » (Ps 17, 11), ils lui servent de gardiens, tirent son char, chantent sa gloire… Ils portent ses messages : « Les anges ne sont-ils pas tous des esprits chargés d’une fonction, envoyés pour le service de ceux qui doivent avoir en héritage le salut ? », demande l’auteur de la Lettre aux Hébreux (1, 14). Ils sont chargés d’expliquer aux prophètes Ézéchiel et Zacharie le sens de leurs visions.
Quelles relations les anges ont-ils avec les humains ?
Les anges sont des intermédiaires entre Dieu et l’humanité. « Pour transmettre la vie, pour nous montrer son amour, Dieu passe toujours par des intermédiaires, les hommes bien sûr, mais aussi les anges », affirme le père Pierre Doat. À la différence des défunts, qui intercèdent pour les hommes auprès de Dieu, les anges, eux, peuvent aussi intervenir dans le monde visible. Dans la Genèse, c’est un ange qui arrête la main d’Abraham, prêt à sacrifier son fils (Gn 22, 1-12). Gabriel annonce dans l’Évangile la naissance de Jean-Baptiste et de Jésus (Lc 1, 19. 26). C’est encore un ange qui roule la pierre du tombeau de Jésus et annonce aux femmes sa résurrection (Mt 28, 2-7).
Jésus entretient avec les anges une grande proximité dans les Évangiles. Au jardin de Gethsémani, au seuil de la Passion, un ange descend du ciel pour le réconforter (Lc 22, 43). « C’est très touchant de penser que Jésus lui-même, dans son humanité, a eu besoin du secours d’un ange, alors qu’il devait se sentir abandonné du Père, et que ses Apôtres dormaient, estime Pierre Doat. Je pense que la certitude qu’il en a reçue, c’est d’être toujours dans la main du Père. »
Faut-il prier les anges ?
Dès l’aube du christianisme, l’Apôtre Paul a mis en garde contre un culte exagéré voué aux anges (Col 2, 18). La présence des anges « exige de notre part une révérence (…) qui n’est pas à confondre avec l’adoration », explique le Vocabulaire de théologie biblique. « Notre amitié avec les anges ne doit surtout pas se substituer à notre relation personnelle avec le Christ, avertit le recteur du Mont-Saint-Michel. Néanmoins, elle nous rendra plus disponibles, plus ouverts aux petites idées, aux petites images ou suggestions qu’ils placent dans notre esprit pour nous aider à nous tenir loin du mal. » Car le rôle de nos anges gardiens, notamment, n’est pas de nous protéger d’un danger matériel, même si certains font parfois l’expérience d’une sollicitude extraordinaire de leur part. « Prier mon ange gardien ne le rendra pas plus “efficace”. C’est sur moi-même que ma prière agit. »
Avons-nous un ange protecteur ?
Voici les réponses des papes Jean XXIII, Jean-Paul II et François. Les anges gardiens sont nos guides, nos aides, nos compagnons de route. Et leur existence n’est pas une « doctrine fantaisiste », rappelait le pape François en 2014 !
Méditation du pape François, le 2 octobre 2015
Pour ne jamais nous laisser seuls, Dieu a placé à côté de chacun de nous un ange gardien qui nous soutient, nous défend, nous accompagne dans la vie. C’est à nous de savoir accueillir sa présence en écoutant les conseils, avec la docilité d’un enfant, pour demeurer sur la bonne voie vers le paradis, forts de la sagesse populaire qui nous rappelle que le diable « fait les casseroles mais pas les couvercles ». C’est précisément à la mission d’« ambassadeurs de Dieu » des saints anges gardiens, le jour de leur mémoire liturgique, que François a consacré l’homélie de la Messe.
Pour sa réflexion, le pape est parti de la prière eucharistique IV, parce qu’« il y a une phrase qui nous fait réfléchir ». En effet, « nous disons au Seigneur : “Quand, par sa désobéissance, l’homme a perdu ton amitié, tu ne l’as pas abandonné” ». Et alors, « nous pensons au moment où Adam a été chassé du paradis : le Seigneur n’a pas dit “arrange-toi comme tu peux !”, il ne l’a pas laissé seul ». Du reste, Dieu « a toujours envoyé des aides : dans ce cas, on parle de l’aide des anges ». Le pape a souligné qu’« aujourd’hui, la liturgie nous fait réfléchir sur cela, et aussi sur une forme particulière de compagnie, d’aide que le Seigneur nous a donnée à tous : les anges gardiens ». Chacun de nous « en a un; il en a un qui l’accompagne ». Et précisément « dans la prière, au début de la Messe, nous avons demandé la grâce que sur le chemin de la vie, nous soyons soutenus par son aide pour ensuite nous réjouir, avec eux, au ciel ».
L’ange gardien « est toujours avec nous et cela est une réalité : c’est comme un ambassadeur de Dieu avec nous ». Ainsi, « quand, par exemple, nous commettons une méchanceté et que nous pensons » être seuls, nous devons nous rappeler qu’il n’en est rien, parce qu’« il est là ».
D’où l’importance d’« avoir du respect pour sa présence » et d’« écouter sa voix, parce qu’il nous conseille ». C’est pourquoi, « quand nous entendons cette inspiration “Mais fais cela… c’est mieux… Il ne faut pas faire cela… ” », le bon conseil est de l’écouter et de ne pas se rebeller à l’ange gardien. « Mon nom est en lui », Et « il nous conseille, nous accompagne, marche avec nous au nom de Dieu ».
C’est toujours le livre de l’Exode qui indique la meilleure attitude : « Si tu écoutes sa voix et tu fais ce que je te dirai, je serai l’ennemi de tes ennemis et l’adversaire de tes adversaires ». Mais « qu’est-ce que cela veut dire ? » .
La réponse de Dieu est claire : « Je serai ton défenseur, mais je serai toujours là pour te défendre, te protéger. “Moi !” dit le Seigneur, mais parce que tu as écouté les conseils, l’inspiration de l’ange ». Dieu nous envoie l’ange pour nous libérer, pour éloigner la crainte, pour nous éloigner du malheur ». Il « demande seulement de l’écouter, de le respecter »; donc « seulement cela : respect et écoute ». Et « ce respect et cette écoute à l’égard de ce compagnon de route s’appelle docilité : le chrétien doit être docile à l’Esprit Saint », mais « la docilité à l’Esprit Saint commence par cette docilité aux conseils de ce compagnon de route ».
C’est l’icône de l’enfant que Jésus choisit « quand il veut dire comment doit être un chrétien ». Ces paroles de Jésus signifient « que la docilité à l’égard de ce compagnon de route nous fait devenir comme des enfants : sans orgueil, il nous rend humbles; il nous rend petits; non pas suffisants comme celui qui est orgueilleux et vaniteux. Non, comme un enfant ! ». C’est « précisément cela la docilité qui nous rend grands et qui nous porte au ciel ».
En concluant sa méditation, François a demandé au Seigneur « la grâce de cette docilité, d’écouter la voix de ce compagnon, de cet ambassadeur de Dieu qui est à nos côtés en son nom », afin que nous puissions être « soutenus par son aide, toujours en chemin ».
Discours de Jean-Paul II, Rome, 6 août 1986
« L’Écriture sainte et la Tradition nomment anges ces purs esprits qui dans l’épreuve fondamentale de la liberté ont choisi Dieu, sa gloire et son règne. Ils sont unis à Dieu à travers l’amour total qui jaillit de la béatifiante vision face à face de la Sainte Trinité. Jésus lui-même le dit : « Les anges aux cieux voient constamment la face de mon Père qui est aux cieux ». Ce « voient constamment la face du Père » est la manifestation la plus élevée de l’adoration de Dieu. On peut dire qu’elle constitue cette « liturgie céleste » accomplie au nom de tout l’univers, à laquelle s’associe incessamment la liturgie terrestre de l’Église, en particulier dans ses moments culminants. Il suffit de rappeler l’acte par lequel l’Église, chaque jour et à toute heure, dans le monde entier, au début de la prière eucharistique, au cœur de la sainte messe, rappelle « les anges et les archanges » pour chanter la gloire de Dieu trois fois saint, s’unissant par là à ces premiers adorateurs de Dieu, dans le culte et dans l’amoureuse connaissance du mystère ineffable de sa sainteté.
Toujours selon la Révélation, les anges qui participent à la vie de la Trinité dans la lumière de la gloire, sont également appelés à participer à l’histoire du salut des hommes, dans les moments établis par le dessein de la Providence divine. « Est-ce que tous ne sont pas des esprits chargés d’un ministère, envoyés en service pour ceux qui doivent hériter du salut ? » demande l’auteur de la lettre aux Hébreux. Et cela l’Église le croit et l’enseigne, sur la base de l’Écriture sainte dont nous apprenons que la tâche des bons anges est la protection des hommes et la sollicitude pour leur salut. Nous trouvons ces expressions en divers passages de l’Écriture, par exemple au Psaume 91, plusieurs fois cité : « Il a donné pour toi ordre à ses anges de te garder en toutes tes voies. Eux sur leurs mains te porteront pour qu’à la pierre, ton pied ne heurte ». Jésus lui-même, parlant des enfants et avertissant de ne pas les scandaliser, se réfère à « leurs anges ». Il attribue de plus aux anges la fonction de témoins au suprême jugement divin sur le sort de celui qui a reconnu ou nié le Christ : « Quiconque se déclarera pour moi devant les hommes, le Fils de l’homme à son tour se déclarera pour lui devant les anges de Dieu ». »
Discours du pape Jean XXIII, le 2 octobre 1960
« Voici le 2 octobre : la fête des saints anges gardiens.
[…] Sur la foi de tout ce qu’enseigne le Catéchisme romain, nous allons rappeler combien est admirable la disposition de la divine providence qui a confié aux anges l’office de veiller à ce que le genre humain et chaque être humain ne soit pas victime de graves périls. De même en effet que, en cette existence terrestre, les parents, quand leurs enfants doivent entreprendre un voyage hérissé d’obstacles et d’embûches, se préoccupent d’appeler auprès d’eux quelqu’un qui puisse prendre soin d’eux et les aider dans l’adversité, ainsi le Père des cieux, pour chacun de nous, durant notre voyage vers la patrie céleste, a chargé les saints anges de nous aider et de nous protéger avec sollicitude afin que nous puissions éviter les embûches, surmonter les passions, et, sous leur conduite, ne jamais abandonner la voie droite et sûre qui conduit au paradis.
[…] Que la dévotion aux saints anges nous accompagne donc toujours ! Durant notre pèlerinage terrestre, combien de risques n’avons-nous pas à affronter soit de la part des éléments de la nature en révolution soit de la colère des hommes enfoncés dans le mal ! Eh bien, notre Ange gardien est toujours présent. Ne l’oublions jamais, invoquons-le toujours. »
Les anges dans les autres religions (Holyblog du 17 septembre 2025)
Déjà dans les religions mésopotamiques du IIe millénaire av. J.-C. il existait un concept similaire à celui des anges gardiens : l’ilu, un esprit protecteur qui veillait sur chaque homme et femme, en les protégeant des démons toujours prêts à les saisir. Les mêmes civilisations attribuaient la tutelle de l’ordre céleste et de toutes les forces cosmiques à des entités ailées, qui avaient l’aspect de gigantesques lions, caribous, mais aussi dragons et monstres mythologiques. De nombreuses divinités assyro-babyloniennes étaient accompagnées d’esprits mineurs qui faisaient office de messagers et assistants, représentant un pont entre le monde divin et le monde humain.
La mythologie égyptienne aussi était très riche en créatures ailées, probablement en bonne partie dérivées justement de ces « anges » sumériens mentionnés ci-dessus. Les dieux égyptiens avaient souvent une forme mixte humaine-animale, mais quand les Égyptiens avaient besoin d’aide, ils s’adressaient en particulier aux Hunmanit, des entités connectées au soleil et représentées comme des rayons de soleil, exactement comme le Christianisme représentera un jour les Séraphins, anges de la première hiérarchie, les plus proches de Dieu. Les Hunmanit protégeaient le soleil et avec eux tous les êtres humains qui vivaient dans sa lumière et sa chaleur.
L’évolution des anges dans la culture judaïque-chrétienne reflète le passage d’une vision animiste et polythéiste à une monothéiste, avec les anges qui assument des rôles de plus en plus définis en tant qu’intermédiaire entre Dieu et l’humanité. La culture et la religion judaïque-chrétienne ont hérité de nombreux aspects de doctrines d’origine variée, en réélaborant d’anciennes croyances animistes et polythéistes pour les adapter au monothéisme. Dans ce passage délicat, la nécessité de messagers divins et intermédiaires entre l’homme et Dieu n’est jamais manquée, jusqu’à l’affirmation de la figure des anges telle que nous la connaissons. Dans la Bible juive, les anges ne sont pas traités comme entités autonomes, mais toujours en relation à des vérités divines plus amples. Au début, les anges étaient de simples figures théophaniques, des représentations de Jahvé. Avec la consolidation du monothéisme, ils acquirent des contours distincts en tant qu’entités séparées de Dieu. Les anges entrent dans la culture religieuse juive et dans la Bible comme intermédiaires divins à travers la tradition élohiste dans laquelle Dieu s’appelle « Elohim » et communique avec les hommes à travers les rêves, les symboles et les anges, justement. Dans la première phase de consolidation du judaïsme en tant que religion monothéiste, les anges apparaissent comme messagers et protecteurs, présents dans de nombreux épisodes bibliques. Après la construction du Temple de Jérusalem et la sédentarisation d’Israël, les anges ajoutent à leur fonction de messagers celle de guides du peuple. Se développe également l’idée d’un royaume céleste duquel les anges constituent les forces armées. Pendant l’Exile Babylonien, éloignés de Jérusalem, les Juifs implémentent les croyances liées à des médiateurs célestes et en enrichissent la conception, en puisant leur inspiration aussi dans les divinités mésopotamiques et égyptiennes. Les premiers Sémites assimilèrent en effet de nombreuses croyances des Sumériens, qu’ils réélaborèrent dans leur religion animiste primitive, qui voyait des entités surnaturelles et puissantes gouverner le vent et le feu, précurseurs pour certains aspects des anges chérubins et séraphins, qui furent ensuite associés justement au vent et au feu. Quand les populations juives se déplacèrent en Égypte, elles absorbèrent également la culture religieuse locale, avec les nombreuses divinités dotées d’ailes d’oiseau, et cet aspect aussi alla enrichir l’iconographie des messagers célestes.
Dans l’Islam
i dans le Christianisme les anges sont des messagers de Dieu, des êtres spirituels qui servent le Seigneur et protègent et guident les croyants, en intervenant dans leurs vies en cas de besoin, l’Islam aussi a une riche tradition angélique. Dans le Coran, les anges revêtent une importance fondamentale, car ce sont eux qui concilient l’absolue transcendance de Dieu avec sa manifestation dans le monde et dans les affaires humaines. Chaque interaction avec Dieu a lieu à travers les anges, qui font office de médiateurs et de reflets de la divinité. Pour les musulmans, il existe trois catégories principales de créatures surnaturelles : les Anges, les Dijnns (Génies) et les Shayatin (Démons).
Les anges dans l’Islam (« mala’ika » en arabe) sont des créatures de feu et delumière – et on revient encore une fois à la conception des Séraphins et des Chérubins chrétiens –, symbole de perfection et de pureté, chargés de gouverner le ciel et la terre, d’animer les forces naturelles, prier Allah, protéger le Coran et guider l’humanité. Comme les armées angéliques chrétiennes, les anges islamiques aussi sont répartis en différentes hiérarchies, sept cieux qui entourent le trône de Dieu. Outre servir Allah et gouverner la nature, dans l’Islam les anges protègent et guident les hommes, outre que servir d’intermédiaire entre eux et Dieu. À l’occasion, ils punissent également les pécheurs.
Dans l’Hindouisme
En Inde, l’univers est vu comme une hiérarchie de forces constamment en action, vénérées par les fidèles. Dans le Védisme, partie de l’Hindouisme primitif, il existe la croyance en une multiplicité d’esprits responsables du fonctionnement de l’univers et de la vie humaine. Leur tâche est de maintenir l’ordre cosmique et, pour ce faire, ils sont dotés de pouvoirs surhumains, comme l’invisibilité, la capacité de changer de forme, celle de lire dans les pensées, voler et ainsi de suite. Certains de ces esprits agissent également comme guides et protecteurs des hommes. Ces êtres divins sont appelés Deva ou Déva, terme sanscrit qui indique ce qui est divin et céleste, mais aussi celui qui « émane de la lumière ». Les Deva, ou Resplendissants, sont donc des manifestations du Seigneur Suprême Ishvara.
Chaque chose qui existe possède un Deva qui la contrôle et en prend soin, s’agit-il d’animaux, minéraux, végétaux, mais aussi d’éléments. La tâche spécifique d’un Deva est son Dharma, i.e. le bien de l’être ou de l’objet que le Deva doit protéger. La présence des Deva autour de chaque élément de la création provoque une sorte de réverbération, que les êtres humains ne peuvent pas percevoir. Outre les Deva, l’hindouisme conçoit de nombreux autres êtres intermédiaires entre hommes et divinités, comme les Aditya, les Vasu, les Gandharva (musiciens célestes), les Apsaras (nymphes des nuages et des eaux), les Yaksha et les Yakshi (génies) et bien d’autres.
Dans le Boudisme
Dans le Bouddhisme aussi il existe des êtres célestes appelés bodhisattva et deva. Les bodhisattva sont des êtres illuminés, des personnes qui, atteignent l’illumination, renoncent toutefois au Nirvana pour se réincarner et aider les autres êtres humains à atteindre l’illumination. Les deva, à l’origine, étaient des divinités célestes qui vivaient une condition de bonheur, ensuite devenus gardiens et protecteurs de qui affrontent le chemin vers l’Illumination. Le Bouddhisme les a hérité de l’Hindouisme.
Dans le Bouddhisme japonais et chinois, il y a également les ten’nin, « créature céleste », « messager céleste », « nymphe céleste », eux aussi comparables aux anges, surtout car représentés dans l’art japonais comme des femmes magnifiques, enveloppées d’habits éclatants, bijoux et écharpes, entourées de fleurs de lotus, qui symbolisent l’illumination et sont souvent en train de jouer d’instruments musicaux, exactement comme beaucoup d’anges dans l’art sacré occidental. Ils savent également voler. Ces anges japonais vivent dans le Paradis bouddhiste, avec les Bouddha et ceux qui ont atteint l’Illumination et épuisé les cycles de réincarnation, les Bodhisattva.
Publié le 06 septembre 2026
Les anges dans nos campagnes

Article de Christel Juquois La Croix du 28 août 2026
Les chrétiens doivent-ils croire aux anges ? Dans le Vocabulaire de théologie biblique, publié en 1969, les théologiens Pierre-Marie Galopin et Pierre Grelot, après avoir longuement présenté ce que la Bible dit des anges, jugeaient bon de se demander « quel sens ont des représentations qui sont largement empruntées au monde païen ambiant (Babylone notamment, NDLR) et qui traduisent des éléments périphériques du message biblique ». Des propos qui reflétaient alors une certaine désaffection des chrétiens de l’époque pour le monde angélique.
L’existence de ces « êtres spirituels, non corporels », est pourtant « une vérité de foi » (Catéchisme de l’Église catholique, 328). Le Credo confesse un Dieu créateur « de l’univers visible et invisible ». « Je crois aux anges, explique le père Pierre Doat, recteur du sanctuaire du Mont-Saint-Michel, auteur des Anges en 50 questions, paru aux éditions Salvator (août 2026). « D’abord parce que ces créatures sont très souvent mentionnées dans la Bible, 400 fois environ. Et parce qu’en théologie, le monde invisible est peuplé non pas par Dieu, qui l’a créé en dehors de lui, mais bien par les anges et par les âmes des défunts. »
Que dit la Bible à propos des anges ?
L’Ancien Testament les présente comme des serviteurs de Dieu. Il en fait « sa monture » (Ps 17, 11), ils lui servent de gardiens, tirent son char, chantent sa gloire… Ils portent ses messages : « Les anges ne sont-ils pas tous des esprits chargés d’une fonction, envoyés pour le service de ceux qui doivent avoir en héritage le salut ? », demande l’auteur de la Lettre aux Hébreux (1, 14). Ils sont chargés d’expliquer aux prophètes Ézéchiel et Zacharie le sens de leurs visions.
Quelles relations les anges ont-ils avec les humains ?
Les anges sont des intermédiaires entre Dieu et l’humanité. « Pour transmettre la vie, pour nous montrer son amour, Dieu passe toujours par des intermédiaires, les hommes bien sûr, mais aussi les anges », affirme le père Pierre Doat. À la différence des défunts, qui intercèdent pour les hommes auprès de Dieu, les anges, eux, peuvent aussi intervenir dans le monde visible. Dans la Genèse, c’est un ange qui arrête la main d’Abraham, prêt à sacrifier son fils (Gn 22, 1-12). Gabriel annonce dans l’Évangile la naissance de Jean-Baptiste et de Jésus (Lc 1, 19. 26). C’est encore un ange qui roule la pierre du tombeau de Jésus et annonce aux femmes sa résurrection (Mt 28, 2-7).
Jésus entretient avec les anges une grande proximité dans les Évangiles. Au jardin de Gethsémani, au seuil de la Passion, un ange descend du ciel pour le réconforter (Lc 22, 43). « C’est très touchant de penser que Jésus lui-même, dans son humanité, a eu besoin du secours d’un ange, alors qu’il devait se sentir abandonné du Père, et que ses Apôtres dormaient, estime Pierre Doat. Je pense que la certitude qu’il en a reçue, c’est d’être toujours dans la main du Père. »
Faut-il prier les anges ?
Dès l’aube du christianisme, l’Apôtre Paul a mis en garde contre un culte exagéré voué aux anges (Col 2, 18). La présence des anges « exige de notre part une révérence (…) qui n’est pas à confondre avec l’adoration », explique le Vocabulaire de théologie biblique. « Notre amitié avec les anges ne doit surtout pas se substituer à notre relation personnelle avec le Christ, avertit le recteur du Mont-Saint-Michel. Néanmoins, elle nous rendra plus disponibles, plus ouverts aux petites idées, aux petites images ou suggestions qu’ils placent dans notre esprit pour nous aider à nous tenir loin du mal. » Car le rôle de nos anges gardiens, notamment, n’est pas de nous protéger d’un danger matériel, même si certains font parfois l’expérience d’une sollicitude extraordinaire de leur part. « Prier mon ange gardien ne le rendra pas plus “efficace”. C’est sur moi-même que ma prière agit. »
Avons-nous un ange protecteur ?
Voici les réponses des papes Jean XXIII, Jean-Paul II et François. Les anges gardiens sont nos guides, nos aides, nos compagnons de route. Et leur existence n’est pas une « doctrine fantaisiste », rappelait le pape François en 2014 !
Méditation du pape François, le 2 octobre 2015
Pour ne jamais nous laisser seuls, Dieu a placé à côté de chacun de nous un ange gardien qui nous soutient, nous défend, nous accompagne dans la vie. C’est à nous de savoir accueillir sa présence en écoutant les conseils, avec la docilité d’un enfant, pour demeurer sur la bonne voie vers le paradis, forts de la sagesse populaire qui nous rappelle que le diable « fait les casseroles mais pas les couvercles ». C’est précisément à la mission d’« ambassadeurs de Dieu » des saints anges gardiens, le jour de leur mémoire liturgique, que François a consacré l’homélie de la Messe.
Pour sa réflexion, le pape est parti de la prière eucharistique IV, parce qu’« il y a une phrase qui nous fait réfléchir ». En effet, « nous disons au Seigneur : “Quand, par sa désobéissance, l’homme a perdu ton amitié, tu ne l’as pas abandonné” ». Et alors, « nous pensons au moment où Adam a été chassé du paradis : le Seigneur n’a pas dit “arrange-toi comme tu peux !”, il ne l’a pas laissé seul ». Du reste, Dieu « a toujours envoyé des aides : dans ce cas, on parle de l’aide des anges ». Le pape a souligné qu’« aujourd’hui, la liturgie nous fait réfléchir sur cela, et aussi sur une forme particulière de compagnie, d’aide que le Seigneur nous a donnée à tous : les anges gardiens ». Chacun de nous « en a un; il en a un qui l’accompagne ». Et précisément « dans la prière, au début de la Messe, nous avons demandé la grâce que sur le chemin de la vie, nous soyons soutenus par son aide pour ensuite nous réjouir, avec eux, au ciel ».
L’ange gardien « est toujours avec nous et cela est une réalité : c’est comme un ambassadeur de Dieu avec nous ». Ainsi, « quand, par exemple, nous commettons une méchanceté et que nous pensons » être seuls, nous devons nous rappeler qu’il n’en est rien, parce qu’« il est là ».
D’où l’importance d’« avoir du respect pour sa présence » et d’« écouter sa voix, parce qu’il nous conseille ». C’est pourquoi, « quand nous entendons cette inspiration “Mais fais cela… c’est mieux… Il ne faut pas faire cela… ” », le bon conseil est de l’écouter et de ne pas se rebeller à l’ange gardien. « Mon nom est en lui », Et « il nous conseille, nous accompagne, marche avec nous au nom de Dieu ».
C’est toujours le livre de l’Exode qui indique la meilleure attitude : « Si tu écoutes sa voix et tu fais ce que je te dirai, je serai l’ennemi de tes ennemis et l’adversaire de tes adversaires ». Mais « qu’est-ce que cela veut dire ? » .
La réponse de Dieu est claire : « Je serai ton défenseur, mais je serai toujours là pour te défendre, te protéger. “Moi !” dit le Seigneur, mais parce que tu as écouté les conseils, l’inspiration de l’ange ». Dieu nous envoie l’ange pour nous libérer, pour éloigner la crainte, pour nous éloigner du malheur ». Il « demande seulement de l’écouter, de le respecter »; donc « seulement cela : respect et écoute ». Et « ce respect et cette écoute à l’égard de ce compagnon de route s’appelle docilité : le chrétien doit être docile à l’Esprit Saint », mais « la docilité à l’Esprit Saint commence par cette docilité aux conseils de ce compagnon de route ».
C’est l’icône de l’enfant que Jésus choisit « quand il veut dire comment doit être un chrétien ». Ces paroles de Jésus signifient « que la docilité à l’égard de ce compagnon de route nous fait devenir comme des enfants : sans orgueil, il nous rend humbles; il nous rend petits; non pas suffisants comme celui qui est orgueilleux et vaniteux. Non, comme un enfant ! ». C’est « précisément cela la docilité qui nous rend grands et qui nous porte au ciel ».
En concluant sa méditation, François a demandé au Seigneur « la grâce de cette docilité, d’écouter la voix de ce compagnon, de cet ambassadeur de Dieu qui est à nos côtés en son nom », afin que nous puissions être « soutenus par son aide, toujours en chemin ».
Discours de Jean-Paul II, Rome, 6 août 1986
« L’Écriture sainte et la Tradition nomment anges ces purs esprits qui dans l’épreuve fondamentale de la liberté ont choisi Dieu, sa gloire et son règne. Ils sont unis à Dieu à travers l’amour total qui jaillit de la béatifiante vision face à face de la Sainte Trinité. Jésus lui-même le dit : « Les anges aux cieux voient constamment la face de mon Père qui est aux cieux ». Ce « voient constamment la face du Père » est la manifestation la plus élevée de l’adoration de Dieu. On peut dire qu’elle constitue cette « liturgie céleste » accomplie au nom de tout l’univers, à laquelle s’associe incessamment la liturgie terrestre de l’Église, en particulier dans ses moments culminants. Il suffit de rappeler l’acte par lequel l’Église, chaque jour et à toute heure, dans le monde entier, au début de la prière eucharistique, au cœur de la sainte messe, rappelle « les anges et les archanges » pour chanter la gloire de Dieu trois fois saint, s’unissant par là à ces premiers adorateurs de Dieu, dans le culte et dans l’amoureuse connaissance du mystère ineffable de sa sainteté.
Toujours selon la Révélation, les anges qui participent à la vie de la Trinité dans la lumière de la gloire, sont également appelés à participer à l’histoire du salut des hommes, dans les moments établis par le dessein de la Providence divine. « Est-ce que tous ne sont pas des esprits chargés d’un ministère, envoyés en service pour ceux qui doivent hériter du salut ? » demande l’auteur de la lettre aux Hébreux. Et cela l’Église le croit et l’enseigne, sur la base de l’Écriture sainte dont nous apprenons que la tâche des bons anges est la protection des hommes et la sollicitude pour leur salut. Nous trouvons ces expressions en divers passages de l’Écriture, par exemple au Psaume 91, plusieurs fois cité : « Il a donné pour toi ordre à ses anges de te garder en toutes tes voies. Eux sur leurs mains te porteront pour qu’à la pierre, ton pied ne heurte ». Jésus lui-même, parlant des enfants et avertissant de ne pas les scandaliser, se réfère à « leurs anges ». Il attribue de plus aux anges la fonction de témoins au suprême jugement divin sur le sort de celui qui a reconnu ou nié le Christ : « Quiconque se déclarera pour moi devant les hommes, le Fils de l’homme à son tour se déclarera pour lui devant les anges de Dieu ». »
Discours du pape Jean XXIII, le 2 octobre 1960
« Voici le 2 octobre : la fête des saints anges gardiens.
[…] Sur la foi de tout ce qu’enseigne le Catéchisme romain, nous allons rappeler combien est admirable la disposition de la divine providence qui a confié aux anges l’office de veiller à ce que le genre humain et chaque être humain ne soit pas victime de graves périls. De même en effet que, en cette existence terrestre, les parents, quand leurs enfants doivent entreprendre un voyage hérissé d’obstacles et d’embûches, se préoccupent d’appeler auprès d’eux quelqu’un qui puisse prendre soin d’eux et les aider dans l’adversité, ainsi le Père des cieux, pour chacun de nous, durant notre voyage vers la patrie céleste, a chargé les saints anges de nous aider et de nous protéger avec sollicitude afin que nous puissions éviter les embûches, surmonter les passions, et, sous leur conduite, ne jamais abandonner la voie droite et sûre qui conduit au paradis.
[…] Que la dévotion aux saints anges nous accompagne donc toujours ! Durant notre pèlerinage terrestre, combien de risques n’avons-nous pas à affronter soit de la part des éléments de la nature en révolution soit de la colère des hommes enfoncés dans le mal ! Eh bien, notre Ange gardien est toujours présent. Ne l’oublions jamais, invoquons-le toujours. »
Les anges dans les autres religions (Holyblog du 17 septembre 2025)
Déjà dans les religions mésopotamiques du IIe millénaire av. J.-C. il existait un concept similaire à celui des anges gardiens : l’ilu, un esprit protecteur qui veillait sur chaque homme et femme, en les protégeant des démons toujours prêts à les saisir. Les mêmes civilisations attribuaient la tutelle de l’ordre céleste et de toutes les forces cosmiques à des entités ailées, qui avaient l’aspect de gigantesques lions, caribous, mais aussi dragons et monstres mythologiques. De nombreuses divinités assyro-babyloniennes étaient accompagnées d’esprits mineurs qui faisaient office de messagers et assistants, représentant un pont entre le monde divin et le monde humain.
La mythologie égyptienne aussi était très riche en créatures ailées, probablement en bonne partie dérivées justement de ces « anges » sumériens mentionnés ci-dessus. Les dieux égyptiens avaient souvent une forme mixte humaine-animale, mais quand les Égyptiens avaient besoin d’aide, ils s’adressaient en particulier aux Hunmanit, des entités connectées au soleil et représentées comme des rayons de soleil, exactement comme le Christianisme représentera un jour les Séraphins, anges de la première hiérarchie, les plus proches de Dieu. Les Hunmanit protégeaient le soleil et avec eux tous les êtres humains qui vivaient dans sa lumière et sa chaleur.
L’évolution des anges dans la culture judaïque-chrétienne reflète le passage d’une vision animiste et polythéiste à une monothéiste, avec les anges qui assument des rôles de plus en plus définis en tant qu’intermédiaire entre Dieu et l’humanité. La culture et la religion judaïque-chrétienne ont hérité de nombreux aspects de doctrines d’origine variée, en réélaborant d’anciennes croyances animistes et polythéistes pour les adapter au monothéisme. Dans ce passage délicat, la nécessité de messagers divins et intermédiaires entre l’homme et Dieu n’est jamais manquée, jusqu’à l’affirmation de la figure des anges telle que nous la connaissons. Dans la Bible juive, les anges ne sont pas traités comme entités autonomes, mais toujours en relation à des vérités divines plus amples. Au début, les anges étaient de simples figures théophaniques, des représentations de Jahvé. Avec la consolidation du monothéisme, ils acquirent des contours distincts en tant qu’entités séparées de Dieu. Les anges entrent dans la culture religieuse juive et dans la Bible comme intermédiaires divins à travers la tradition élohiste dans laquelle Dieu s’appelle « Elohim » et communique avec les hommes à travers les rêves, les symboles et les anges, justement. Dans la première phase de consolidation du judaïsme en tant que religion monothéiste, les anges apparaissent comme messagers et protecteurs, présents dans de nombreux épisodes bibliques. Après la construction du Temple de Jérusalem et la sédentarisation d’Israël, les anges ajoutent à leur fonction de messagers celle de guides du peuple. Se développe également l’idée d’un royaume céleste duquel les anges constituent les forces armées. Pendant l’Exile Babylonien, éloignés de Jérusalem, les Juifs implémentent les croyances liées à des médiateurs célestes et en enrichissent la conception, en puisant leur inspiration aussi dans les divinités mésopotamiques et égyptiennes. Les premiers Sémites assimilèrent en effet de nombreuses croyances des Sumériens, qu’ils réélaborèrent dans leur religion animiste primitive, qui voyait des entités surnaturelles et puissantes gouverner le vent et le feu, précurseurs pour certains aspects des anges chérubins et séraphins, qui furent ensuite associés justement au vent et au feu. Quand les populations juives se déplacèrent en Égypte, elles absorbèrent également la culture religieuse locale, avec les nombreuses divinités dotées d’ailes d’oiseau, et cet aspect aussi alla enrichir l’iconographie des messagers célestes.
Dans l’Islam
i dans le Christianisme les anges sont des messagers de Dieu, des êtres spirituels qui servent le Seigneur et protègent et guident les croyants, en intervenant dans leurs vies en cas de besoin, l’Islam aussi a une riche tradition angélique. Dans le Coran, les anges revêtent une importance fondamentale, car ce sont eux qui concilient l’absolue transcendance de Dieu avec sa manifestation dans le monde et dans les affaires humaines. Chaque interaction avec Dieu a lieu à travers les anges, qui font office de médiateurs et de reflets de la divinité. Pour les musulmans, il existe trois catégories principales de créatures surnaturelles : les Anges, les Dijnns (Génies) et les Shayatin (Démons).
Les anges dans l’Islam (« mala’ika » en arabe) sont des créatures de feu et delumière – et on revient encore une fois à la conception des Séraphins et des Chérubins chrétiens –, symbole de perfection et de pureté, chargés de gouverner le ciel et la terre, d’animer les forces naturelles, prier Allah, protéger le Coran et guider l’humanité. Comme les armées angéliques chrétiennes, les anges islamiques aussi sont répartis en différentes hiérarchies, sept cieux qui entourent le trône de Dieu. Outre servir Allah et gouverner la nature, dans l’Islam les anges protègent et guident les hommes, outre que servir d’intermédiaire entre eux et Dieu. À l’occasion, ils punissent également les pécheurs.
Dans l’Hindouisme
En Inde, l’univers est vu comme une hiérarchie de forces constamment en action, vénérées par les fidèles. Dans le Védisme, partie de l’Hindouisme primitif, il existe la croyance en une multiplicité d’esprits responsables du fonctionnement de l’univers et de la vie humaine. Leur tâche est de maintenir l’ordre cosmique et, pour ce faire, ils sont dotés de pouvoirs surhumains, comme l’invisibilité, la capacité de changer de forme, celle de lire dans les pensées, voler et ainsi de suite. Certains de ces esprits agissent également comme guides et protecteurs des hommes. Ces êtres divins sont appelés Deva ou Déva, terme sanscrit qui indique ce qui est divin et céleste, mais aussi celui qui « émane de la lumière ». Les Deva, ou Resplendissants, sont donc des manifestations du Seigneur Suprême Ishvara.
Chaque chose qui existe possède un Deva qui la contrôle et en prend soin, s’agit-il d’animaux, minéraux, végétaux, mais aussi d’éléments. La tâche spécifique d’un Deva est son Dharma, i.e. le bien de l’être ou de l’objet que le Deva doit protéger. La présence des Deva autour de chaque élément de la création provoque une sorte de réverbération, que les êtres humains ne peuvent pas percevoir. Outre les Deva, l’hindouisme conçoit de nombreux autres êtres intermédiaires entre hommes et divinités, comme les Aditya, les Vasu, les Gandharva (musiciens célestes), les Apsaras (nymphes des nuages et des eaux), les Yaksha et les Yakshi (génies) et bien d’autres.
Dans le Boudisme
Dans le Bouddhisme aussi il existe des êtres célestes appelés bodhisattva et deva. Les bodhisattva sont des êtres illuminés, des personnes qui, atteignent l’illumination, renoncent toutefois au Nirvana pour se réincarner et aider les autres êtres humains à atteindre l’illumination. Les deva, à l’origine, étaient des divinités célestes qui vivaient une condition de bonheur, ensuite devenus gardiens et protecteurs de qui affrontent le chemin vers l’Illumination. Le Bouddhisme les a hérité de l’Hindouisme.
Dans le Bouddhisme japonais et chinois, il y a également les ten’nin, « créature céleste », « messager céleste », « nymphe céleste », eux aussi comparables aux anges, surtout car représentés dans l’art japonais comme des femmes magnifiques, enveloppées d’habits éclatants, bijoux et écharpes, entourées de fleurs de lotus, qui symbolisent l’illumination et sont souvent en train de jouer d’instruments musicaux, exactement comme beaucoup d’anges dans l’art sacré occidental. Ils savent également voler. Ces anges japonais vivent dans le Paradis bouddhiste, avec les Bouddha et ceux qui ont atteint l’Illumination et épuisé les cycles de réincarnation, les Bodhisattva.
Publié le 06 septembre 2026
Les anges dans nos campagnes

Article de Christel Juquois La Croix du 28 août 2026
Les chrétiens doivent-ils croire aux anges ? Dans le Vocabulaire de théologie biblique, publié en 1969, les théologiens Pierre-Marie Galopin et Pierre Grelot, après avoir longuement présenté ce que la Bible dit des anges, jugeaient bon de se demander « quel sens ont des représentations qui sont largement empruntées au monde païen ambiant (Babylone notamment, NDLR) et qui traduisent des éléments périphériques du message biblique ». Des propos qui reflétaient alors une certaine désaffection des chrétiens de l’époque pour le monde angélique.
L’existence de ces « êtres spirituels, non corporels », est pourtant « une vérité de foi » (Catéchisme de l’Église catholique, 328). Le Credo confesse un Dieu créateur « de l’univers visible et invisible ». « Je crois aux anges, explique le père Pierre Doat, recteur du sanctuaire du Mont-Saint-Michel, auteur des Anges en 50 questions, paru aux éditions Salvator (août 2026). « D’abord parce que ces créatures sont très souvent mentionnées dans la Bible, 400 fois environ. Et parce qu’en théologie, le monde invisible est peuplé non pas par Dieu, qui l’a créé en dehors de lui, mais bien par les anges et par les âmes des défunts. »
Que dit la Bible à propos des anges ?
L’Ancien Testament les présente comme des serviteurs de Dieu. Il en fait « sa monture » (Ps 17, 11), ils lui servent de gardiens, tirent son char, chantent sa gloire… Ils portent ses messages : « Les anges ne sont-ils pas tous des esprits chargés d’une fonction, envoyés pour le service de ceux qui doivent avoir en héritage le salut ? », demande l’auteur de la Lettre aux Hébreux (1, 14). Ils sont chargés d’expliquer aux prophètes Ézéchiel et Zacharie le sens de leurs visions.
Quelles relations les anges ont-ils avec les humains ?
Les anges sont des intermédiaires entre Dieu et l’humanité. « Pour transmettre la vie, pour nous montrer son amour, Dieu passe toujours par des intermédiaires, les hommes bien sûr, mais aussi les anges », affirme le père Pierre Doat. À la différence des défunts, qui intercèdent pour les hommes auprès de Dieu, les anges, eux, peuvent aussi intervenir dans le monde visible. Dans la Genèse, c’est un ange qui arrête la main d’Abraham, prêt à sacrifier son fils (Gn 22, 1-12). Gabriel annonce dans l’Évangile la naissance de Jean-Baptiste et de Jésus (Lc 1, 19. 26). C’est encore un ange qui roule la pierre du tombeau de Jésus et annonce aux femmes sa résurrection (Mt 28, 2-7).
Jésus entretient avec les anges une grande proximité dans les Évangiles. Au jardin de Gethsémani, au seuil de la Passion, un ange descend du ciel pour le réconforter (Lc 22, 43). « C’est très touchant de penser que Jésus lui-même, dans son humanité, a eu besoin du secours d’un ange, alors qu’il devait se sentir abandonné du Père, et que ses Apôtres dormaient, estime Pierre Doat. Je pense que la certitude qu’il en a reçue, c’est d’être toujours dans la main du Père. »
Faut-il prier les anges ?
Dès l’aube du christianisme, l’Apôtre Paul a mis en garde contre un culte exagéré voué aux anges (Col 2, 18). La présence des anges « exige de notre part une révérence (…) qui n’est pas à confondre avec l’adoration », explique le Vocabulaire de théologie biblique. « Notre amitié avec les anges ne doit surtout pas se substituer à notre relation personnelle avec le Christ, avertit le recteur du Mont-Saint-Michel. Néanmoins, elle nous rendra plus disponibles, plus ouverts aux petites idées, aux petites images ou suggestions qu’ils placent dans notre esprit pour nous aider à nous tenir loin du mal. » Car le rôle de nos anges gardiens, notamment, n’est pas de nous protéger d’un danger matériel, même si certains font parfois l’expérience d’une sollicitude extraordinaire de leur part. « Prier mon ange gardien ne le rendra pas plus “efficace”. C’est sur moi-même que ma prière agit. »
Avons-nous un ange protecteur ?
Voici les réponses des papes Jean XXIII, Jean-Paul II et François. Les anges gardiens sont nos guides, nos aides, nos compagnons de route. Et leur existence n’est pas une « doctrine fantaisiste », rappelait le pape François en 2014 !
Méditation du pape François, le 2 octobre 2015
Pour ne jamais nous laisser seuls, Dieu a placé à côté de chacun de nous un ange gardien qui nous soutient, nous défend, nous accompagne dans la vie. C’est à nous de savoir accueillir sa présence en écoutant les conseils, avec la docilité d’un enfant, pour demeurer sur la bonne voie vers le paradis, forts de la sagesse populaire qui nous rappelle que le diable « fait les casseroles mais pas les couvercles ». C’est précisément à la mission d’« ambassadeurs de Dieu » des saints anges gardiens, le jour de leur mémoire liturgique, que François a consacré l’homélie de la Messe.
Pour sa réflexion, le pape est parti de la prière eucharistique IV, parce qu’« il y a une phrase qui nous fait réfléchir ». En effet, « nous disons au Seigneur : “Quand, par sa désobéissance, l’homme a perdu ton amitié, tu ne l’as pas abandonné” ». Et alors, « nous pensons au moment où Adam a été chassé du paradis : le Seigneur n’a pas dit “arrange-toi comme tu peux !”, il ne l’a pas laissé seul ». Du reste, Dieu « a toujours envoyé des aides : dans ce cas, on parle de l’aide des anges ». Le pape a souligné qu’« aujourd’hui, la liturgie nous fait réfléchir sur cela, et aussi sur une forme particulière de compagnie, d’aide que le Seigneur nous a donnée à tous : les anges gardiens ». Chacun de nous « en a un; il en a un qui l’accompagne ». Et précisément « dans la prière, au début de la Messe, nous avons demandé la grâce que sur le chemin de la vie, nous soyons soutenus par son aide pour ensuite nous réjouir, avec eux, au ciel ».
L’ange gardien « est toujours avec nous et cela est une réalité : c’est comme un ambassadeur de Dieu avec nous ». Ainsi, « quand, par exemple, nous commettons une méchanceté et que nous pensons » être seuls, nous devons nous rappeler qu’il n’en est rien, parce qu’« il est là ».
D’où l’importance d’« avoir du respect pour sa présence » et d’« écouter sa voix, parce qu’il nous conseille ». C’est pourquoi, « quand nous entendons cette inspiration “Mais fais cela… c’est mieux… Il ne faut pas faire cela… ” », le bon conseil est de l’écouter et de ne pas se rebeller à l’ange gardien. « Mon nom est en lui », Et « il nous conseille, nous accompagne, marche avec nous au nom de Dieu ».
C’est toujours le livre de l’Exode qui indique la meilleure attitude : « Si tu écoutes sa voix et tu fais ce que je te dirai, je serai l’ennemi de tes ennemis et l’adversaire de tes adversaires ». Mais « qu’est-ce que cela veut dire ? » .
La réponse de Dieu est claire : « Je serai ton défenseur, mais je serai toujours là pour te défendre, te protéger. “Moi !” dit le Seigneur, mais parce que tu as écouté les conseils, l’inspiration de l’ange ». Dieu nous envoie l’ange pour nous libérer, pour éloigner la crainte, pour nous éloigner du malheur ». Il « demande seulement de l’écouter, de le respecter »; donc « seulement cela : respect et écoute ». Et « ce respect et cette écoute à l’égard de ce compagnon de route s’appelle docilité : le chrétien doit être docile à l’Esprit Saint », mais « la docilité à l’Esprit Saint commence par cette docilité aux conseils de ce compagnon de route ».
C’est l’icône de l’enfant que Jésus choisit « quand il veut dire comment doit être un chrétien ». Ces paroles de Jésus signifient « que la docilité à l’égard de ce compagnon de route nous fait devenir comme des enfants : sans orgueil, il nous rend humbles; il nous rend petits; non pas suffisants comme celui qui est orgueilleux et vaniteux. Non, comme un enfant ! ». C’est « précisément cela la docilité qui nous rend grands et qui nous porte au ciel ».
En concluant sa méditation, François a demandé au Seigneur « la grâce de cette docilité, d’écouter la voix de ce compagnon, de cet ambassadeur de Dieu qui est à nos côtés en son nom », afin que nous puissions être « soutenus par son aide, toujours en chemin ».
Discours de Jean-Paul II, Rome, 6 août 1986
« L’Écriture sainte et la Tradition nomment anges ces purs esprits qui dans l’épreuve fondamentale de la liberté ont choisi Dieu, sa gloire et son règne. Ils sont unis à Dieu à travers l’amour total qui jaillit de la béatifiante vision face à face de la Sainte Trinité. Jésus lui-même le dit : « Les anges aux cieux voient constamment la face de mon Père qui est aux cieux ». Ce « voient constamment la face du Père » est la manifestation la plus élevée de l’adoration de Dieu. On peut dire qu’elle constitue cette « liturgie céleste » accomplie au nom de tout l’univers, à laquelle s’associe incessamment la liturgie terrestre de l’Église, en particulier dans ses moments culminants. Il suffit de rappeler l’acte par lequel l’Église, chaque jour et à toute heure, dans le monde entier, au début de la prière eucharistique, au cœur de la sainte messe, rappelle « les anges et les archanges » pour chanter la gloire de Dieu trois fois saint, s’unissant par là à ces premiers adorateurs de Dieu, dans le culte et dans l’amoureuse connaissance du mystère ineffable de sa sainteté.
Toujours selon la Révélation, les anges qui participent à la vie de la Trinité dans la lumière de la gloire, sont également appelés à participer à l’histoire du salut des hommes, dans les moments établis par le dessein de la Providence divine. « Est-ce que tous ne sont pas des esprits chargés d’un ministère, envoyés en service pour ceux qui doivent hériter du salut ? » demande l’auteur de la lettre aux Hébreux. Et cela l’Église le croit et l’enseigne, sur la base de l’Écriture sainte dont nous apprenons que la tâche des bons anges est la protection des hommes et la sollicitude pour leur salut. Nous trouvons ces expressions en divers passages de l’Écriture, par exemple au Psaume 91, plusieurs fois cité : « Il a donné pour toi ordre à ses anges de te garder en toutes tes voies. Eux sur leurs mains te porteront pour qu’à la pierre, ton pied ne heurte ». Jésus lui-même, parlant des enfants et avertissant de ne pas les scandaliser, se réfère à « leurs anges ». Il attribue de plus aux anges la fonction de témoins au suprême jugement divin sur le sort de celui qui a reconnu ou nié le Christ : « Quiconque se déclarera pour moi devant les hommes, le Fils de l’homme à son tour se déclarera pour lui devant les anges de Dieu ». »
Discours du pape Jean XXIII, le 2 octobre 1960
« Voici le 2 octobre : la fête des saints anges gardiens.
[…] Sur la foi de tout ce qu’enseigne le Catéchisme romain, nous allons rappeler combien est admirable la disposition de la divine providence qui a confié aux anges l’office de veiller à ce que le genre humain et chaque être humain ne soit pas victime de graves périls. De même en effet que, en cette existence terrestre, les parents, quand leurs enfants doivent entreprendre un voyage hérissé d’obstacles et d’embûches, se préoccupent d’appeler auprès d’eux quelqu’un qui puisse prendre soin d’eux et les aider dans l’adversité, ainsi le Père des cieux, pour chacun de nous, durant notre voyage vers la patrie céleste, a chargé les saints anges de nous aider et de nous protéger avec sollicitude afin que nous puissions éviter les embûches, surmonter les passions, et, sous leur conduite, ne jamais abandonner la voie droite et sûre qui conduit au paradis.
[…] Que la dévotion aux saints anges nous accompagne donc toujours ! Durant notre pèlerinage terrestre, combien de risques n’avons-nous pas à affronter soit de la part des éléments de la nature en révolution soit de la colère des hommes enfoncés dans le mal ! Eh bien, notre Ange gardien est toujours présent. Ne l’oublions jamais, invoquons-le toujours. »
Les anges dans les autres religions (Holyblog du 17 septembre 2025)
Déjà dans les religions mésopotamiques du IIe millénaire av. J.-C. il existait un concept similaire à celui des anges gardiens : l’ilu, un esprit protecteur qui veillait sur chaque homme et femme, en les protégeant des démons toujours prêts à les saisir. Les mêmes civilisations attribuaient la tutelle de l’ordre céleste et de toutes les forces cosmiques à des entités ailées, qui avaient l’aspect de gigantesques lions, caribous, mais aussi dragons et monstres mythologiques. De nombreuses divinités assyro-babyloniennes étaient accompagnées d’esprits mineurs qui faisaient office de messagers et assistants, représentant un pont entre le monde divin et le monde humain.
La mythologie égyptienne aussi était très riche en créatures ailées, probablement en bonne partie dérivées justement de ces « anges » sumériens mentionnés ci-dessus. Les dieux égyptiens avaient souvent une forme mixte humaine-animale, mais quand les Égyptiens avaient besoin d’aide, ils s’adressaient en particulier aux Hunmanit, des entités connectées au soleil et représentées comme des rayons de soleil, exactement comme le Christianisme représentera un jour les Séraphins, anges de la première hiérarchie, les plus proches de Dieu. Les Hunmanit protégeaient le soleil et avec eux tous les êtres humains qui vivaient dans sa lumière et sa chaleur.
L’évolution des anges dans la culture judaïque-chrétienne reflète le passage d’une vision animiste et polythéiste à une monothéiste, avec les anges qui assument des rôles de plus en plus définis en tant qu’intermédiaire entre Dieu et l’humanité. La culture et la religion judaïque-chrétienne ont hérité de nombreux aspects de doctrines d’origine variée, en réélaborant d’anciennes croyances animistes et polythéistes pour les adapter au monothéisme. Dans ce passage délicat, la nécessité de messagers divins et intermédiaires entre l’homme et Dieu n’est jamais manquée, jusqu’à l’affirmation de la figure des anges telle que nous la connaissons. Dans la Bible juive, les anges ne sont pas traités comme entités autonomes, mais toujours en relation à des vérités divines plus amples. Au début, les anges étaient de simples figures théophaniques, des représentations de Jahvé. Avec la consolidation du monothéisme, ils acquirent des contours distincts en tant qu’entités séparées de Dieu. Les anges entrent dans la culture religieuse juive et dans la Bible comme intermédiaires divins à travers la tradition élohiste dans laquelle Dieu s’appelle « Elohim » et communique avec les hommes à travers les rêves, les symboles et les anges, justement. Dans la première phase de consolidation du judaïsme en tant que religion monothéiste, les anges apparaissent comme messagers et protecteurs, présents dans de nombreux épisodes bibliques. Après la construction du Temple de Jérusalem et la sédentarisation d’Israël, les anges ajoutent à leur fonction de messagers celle de guides du peuple. Se développe également l’idée d’un royaume céleste duquel les anges constituent les forces armées. Pendant l’Exile Babylonien, éloignés de Jérusalem, les Juifs implémentent les croyances liées à des médiateurs célestes et en enrichissent la conception, en puisant leur inspiration aussi dans les divinités mésopotamiques et égyptiennes. Les premiers Sémites assimilèrent en effet de nombreuses croyances des Sumériens, qu’ils réélaborèrent dans leur religion animiste primitive, qui voyait des entités surnaturelles et puissantes gouverner le vent et le feu, précurseurs pour certains aspects des anges chérubins et séraphins, qui furent ensuite associés justement au vent et au feu. Quand les populations juives se déplacèrent en Égypte, elles absorbèrent également la culture religieuse locale, avec les nombreuses divinités dotées d’ailes d’oiseau, et cet aspect aussi alla enrichir l’iconographie des messagers célestes.
Dans l’Islam
i dans le Christianisme les anges sont des messagers de Dieu, des êtres spirituels qui servent le Seigneur et protègent et guident les croyants, en intervenant dans leurs vies en cas de besoin, l’Islam aussi a une riche tradition angélique. Dans le Coran, les anges revêtent une importance fondamentale, car ce sont eux qui concilient l’absolue transcendance de Dieu avec sa manifestation dans le monde et dans les affaires humaines. Chaque interaction avec Dieu a lieu à travers les anges, qui font office de médiateurs et de reflets de la divinité. Pour les musulmans, il existe trois catégories principales de créatures surnaturelles : les Anges, les Dijnns (Génies) et les Shayatin (Démons).
Les anges dans l’Islam (« mala’ika » en arabe) sont des créatures de feu et delumière – et on revient encore une fois à la conception des Séraphins et des Chérubins chrétiens –, symbole de perfection et de pureté, chargés de gouverner le ciel et la terre, d’animer les forces naturelles, prier Allah, protéger le Coran et guider l’humanité. Comme les armées angéliques chrétiennes, les anges islamiques aussi sont répartis en différentes hiérarchies, sept cieux qui entourent le trône de Dieu. Outre servir Allah et gouverner la nature, dans l’Islam les anges protègent et guident les hommes, outre que servir d’intermédiaire entre eux et Dieu. À l’occasion, ils punissent également les pécheurs.
Dans l’Hindouisme
En Inde, l’univers est vu comme une hiérarchie de forces constamment en action, vénérées par les fidèles. Dans le Védisme, partie de l’Hindouisme primitif, il existe la croyance en une multiplicité d’esprits responsables du fonctionnement de l’univers et de la vie humaine. Leur tâche est de maintenir l’ordre cosmique et, pour ce faire, ils sont dotés de pouvoirs surhumains, comme l’invisibilité, la capacité de changer de forme, celle de lire dans les pensées, voler et ainsi de suite. Certains de ces esprits agissent également comme guides et protecteurs des hommes. Ces êtres divins sont appelés Deva ou Déva, terme sanscrit qui indique ce qui est divin et céleste, mais aussi celui qui « émane de la lumière ». Les Deva, ou Resplendissants, sont donc des manifestations du Seigneur Suprême Ishvara.
Chaque chose qui existe possède un Deva qui la contrôle et en prend soin, s’agit-il d’animaux, minéraux, végétaux, mais aussi d’éléments. La tâche spécifique d’un Deva est son Dharma, i.e. le bien de l’être ou de l’objet que le Deva doit protéger. La présence des Deva autour de chaque élément de la création provoque une sorte de réverbération, que les êtres humains ne peuvent pas percevoir. Outre les Deva, l’hindouisme conçoit de nombreux autres êtres intermédiaires entre hommes et divinités, comme les Aditya, les Vasu, les Gandharva (musiciens célestes), les Apsaras (nymphes des nuages et des eaux), les Yaksha et les Yakshi (génies) et bien d’autres.
Dans le Boudisme
Dans le Bouddhisme aussi il existe des êtres célestes appelés bodhisattva et deva. Les bodhisattva sont des êtres illuminés, des personnes qui, atteignent l’illumination, renoncent toutefois au Nirvana pour se réincarner et aider les autres êtres humains à atteindre l’illumination. Les deva, à l’origine, étaient des divinités célestes qui vivaient une condition de bonheur, ensuite devenus gardiens et protecteurs de qui affrontent le chemin vers l’Illumination. Le Bouddhisme les a hérité de l’Hindouisme.
Dans le Bouddhisme japonais et chinois, il y a également les ten’nin, « créature céleste », « messager céleste », « nymphe céleste », eux aussi comparables aux anges, surtout car représentés dans l’art japonais comme des femmes magnifiques, enveloppées d’habits éclatants, bijoux et écharpes, entourées de fleurs de lotus, qui symbolisent l’illumination et sont souvent en train de jouer d’instruments musicaux, exactement comme beaucoup d’anges dans l’art sacré occidental. Ils savent également voler. Ces anges japonais vivent dans le Paradis bouddhiste, avec les Bouddha et ceux qui ont atteint l’Illumination et épuisé les cycles de réincarnation, les Bodhisattva.
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Publié le 06 septembre 2026