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Le Carême 2026

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Le Carême commence le Mercredi des Cendres, mercredi 18 février 2026, et s’achève le Jeudi Saint, le jeudi 02 avril, avant la célébration de la Cène du Seigneur. La Semaine Sainte, qui commence avec le dimanche des Rameaux le 29 mars 2026, commémore la Cène, la Passion et la mort du Christ sur la Croix. Le Samedi Saint au soir et le dimanche de Pâques, le 05 avril 2026, les chrétiens célèbrent la résurrection du Christ.

 

La durée du Carême – quarante jours sans compter les dimanches – fait en particulier référence aux quarante années passées au désert par le peuple d’Israël entre sa sortie d’Égypte et son entrée en terre promise ; elle renvoie aussi aux quarante jours passés par le Christ au désert entre son baptême et le début de sa vie publique. Ce chiffre de quarante symbolise les temps de préparation à de nouveaux commencements.

Un temps de conversion

Au désert, le Christ a mené un combat spirituel dont il est sorti victorieux. À sa suite, il ne s’agit pas de faire des efforts par nos propres forces humaines mais de laisser le Christ nous habiter pour faire sa volonté et nous laisser guider par l’Esprit.

Durant le temps du Carême, nous sommes invités à nous donner des moyens concrets, dans la prière, la pénitence et l’aumône pour nous aider à discerner les priorités de notre vie. Le temps du Carême est un temps autre qui incite à une mise à l’écart pour faire silence et être ainsi réceptif à la Parole de Dieu.

Eglise catholique en France

Dans son message pour le Carême 2026, publié vendredi 13 février depuis la Cité du Vatican, le Pape Léon XIV invite les fidèles à vivre ce temps liturgique comme un chemin de conversion intérieure et communautaire. «Écouter» et «jeûner» constituent, selon le Saint-Père, deux attitudes fondamentales pour remettre Dieu au centre de la vie et laisser la foi retrouver son élan.

MESSAGE DU SAINT-PÈRE LÉON XIV POUR LE CARÊME 2026

Écouter et jeûner.
Le Carême comme temps de conversion

Chers frères et sœurs !

Le Carême est le temps où l’Église, avec une sollicitude maternelle, nous invite à remettre le mystère de Dieu au centre de notre vie, afin que notre foi retrouve son élan et que notre cœur ne se disperse pas entre les inquiétudes et les distractions quotidiennes.
Tout cheminement de conversion commence lorsque nous nous laissons rejoindre par la Parole et que nous l’accueillons avec docilité d’esprit. II existe donc un lien entre le don de la Parole de Dieu, l’espace d’hospitalité que nous lui offrons et la transformation qu’elle opère. C’est pourquoi le cheminement du Carême devient une occasion propice pour prêter l’oreille à la voix du Seigneur et renouveler la décision de suivre le Christ, en parcourant avec Lui le chemin qui monte à Jérusalem où s’accomplit le mystère de sa
passion, de sa mort et de sa résurrection.

Écouter

Cette année, je voudrais attirer l’attention, en premier lieu, sur l’importance de laisser place à la Parole à travers l’écoute, car la disposition à écouter est le premier signe par lequel se manifeste le désir d’entrer en relation avec l’autre.
Dieu Lui-même, se révélant à Moïse depuis le buisson ardent, montre que l’écoute est un trait distinctif de son être : « J’ai vu la misère de mon peuple qui est en Egypte, et  j’ai entendu ses cris » (Ex 3, 7). L’écoute du cri de l’opprimé est le début d’une histoire de libération dans laquelle le Seigneur implique également Moïse, en l’envoyant ouvrir une voie de salut à ses enfants réduits en esclavage.

Un Dieu engageant nous rejoint aujourd’hui aussi avec des pensées qui font vibrer son cœur. Pour cela, l’écoute de la Parole dans la liturgie nous éduque à une écoute plus authentique de la réalité : parmi les nombreuses voix qui traversent notre vie personnelle
et sociale, les Saintes Écritures nous rendent capables de reconnaître celle qui s’élève de la souffrance et de l’injustice, afin qu’elle ne reste pas sans réponse. Entrer dans cette disposition intérieure de réceptivité c’est se laisser instruire aujourd’hui par Dieu à écouter comme Lui, jusqu’à reconnaître que « la condition des pauvres est un cri qui, dans l’histoire de l’humanité, interpelle constamment notre vie, nos sociétés, nos systèmes politiques et économiques et, enfin et surtout, l’Église ». (1)

Jeûner

Si le Carême est un temps d’écoute, le jeûne constitue une pratique concrète qui dispose à l’accueil de la Parole de Dieu. L’abstinence de nourriture est, en effet, un exercice ascétique très ancien et irremplaçable dans le chemin de conversion. Précisément parce qu’il implique le corps, il rend plus évident ce dont nous avons « faim » et ce que nous
considérons comme essentiel à notre subsistance. Il sert donc à discerner et à ordonner les « appétits », à maintenir vigilant la faim et la soif de justice en les soustrayant à la résignation, en les éduquant pour qu’ils deviennent prière et responsabilité envers le
prochain.

Saint Augustin, avec finesse spirituelle, laisse entrevoir la tension entre le temps présent et
l’accomplissement futur qui traverse cette garde du cœur, lorsqu’il observe que : « Au cours de la vie terrestre, il appartient aux hommes d’avoir faim et soif de justice, mais en être rassasiés appartient à l’autre vie. Les anges se rassasient de ce pain, de cette
nourriture. Les hommes, en revanche, en ont faim, ils sont tous tendus vers le désir de celui-ci. Cette tension dans le désir dilate l’âme, augmente sa capacité » . (2) Le jeûne, compris dans ce sens, nous permet non seulement de discipliner le désir, de le purifier et
de le rendre plus libre, mais aussi de l’élargir de manière à ce qu’il se tourne vers Dieu et s’oriente à accomplir le bien.

Cependant, pour que le jeûne conserve sa vérité évangélique et échappe à la tentation d’enorgueillir le cœur, il doit toujours être vécu dans la foi et l’humilité. Cela exige de rester enraciné dans la communion avec le Seigneur parce que « personne ne jeûne vraiment s’il ne sait pas se nourrir de la Parole de Dieu ». (3) En tant que signe visible de notre
engagement intérieur à nous soustraire, avec le soutien de la grâce, au péché et au mal, le jeûne doit également inclure d’autres formes de privation visant à nous faire acquérir un mode de vie plus sobre, car « c’est l’austérité seule qui rend authentique et forte notre vie chrétienne ». (4)

Je voudrais donc vous inviter à une forme d’abstention très concrète et souvent peu appréciée, celle des paroles qui heurtent et blessent le prochain. Commençons par désarmer le langage en renonçant aux mots tranchants, aux jugements hâtifs, à médire de qui est absent et ne peut se défendre, aux calomnies. Efforçons-nous plutôt d’apprendre à
mesurer nos paroles et à cultiver la gentillesse : au sein de la famille, entre amis, dans les lieux de travail, sur les réseaux sociaux, dans les débats politiques, dans les moyens d e communication, dans les communautés chrétiennes. Alors, nombre de paroles de haine laisseront place à des paroles d’espoir et de paix.

Ensemble

Enfin, le Carême met en évidence la dimension communautaire de l’écoute de la Parole et de la pratique du jeûne. L’Écriture souligne également cet aspect de nombreuses façons. Par exemple, lorsqu’elle raconte, dans le livre de Néhémie, que le peuple se rassembla pour écouter la lecture publique du livre de la Loi et, pratiquant le jeûne, se disposa à la confession de foi et à l’adoration afin de renouveler l’alliance avec Dieu (cf. Ne 9, 1-3).

De même, nos paroisses, les familles, les groupes ecclésiaux et les communautés religieuses sont appelés à accomplir pendant le Carême un cheminement commun dans lequel l’écoute de la Parole de Dieu, tout comme celle du cri des pauvres et de la terre, devienne une forme de vie commune et dans lequel le jeûne soutienne une authentique
repentance. Dans cette perspective, la conversion concerne, outre la conscience de chacun, le style des relations, la qualité du dialogue, la capacité à se laisser interroger par la réalité et à reconnaitre ce qui oriente véritablement le désir, tant dans nos communautés
ecclésiales que dans l’humanité assoiffée de justice et de réconciliation.

Biens aimés, demandons la grâce d’un Carême qui rende notre oreille plus attentive à Dieu et aux plus démunis. Demandons la force d’un jeûne qui passe aussi par la langue, afin que diminuent les paroles qui blessent et que grandisse l’espace pour la voix de l’autre. Et faisons en sorte que nos communautés deviennent des lieux où le cri de ceux qui souffrent soit accueilli et où l’écoute engendre des chemins de libération, nous rendant plus prompts et plus diligents à contribuer à l’édification de la civilisation de l’amour.
J e vous bénis de tout cœur ainsi que votre cheminement de Carême.

Du Vatican, le 5 février 2026, mémoire de sainte Agathe, vierge et martyre.
LÉON PP. XIV

[1] Exhort. ap. Dilexi t e (4 octobre 2025), 9.
[2] Saint Augustin, L’utilité du jeûne, 1, 1.
[3] Benoît XVI, Catéchèse (9 mars 2011).
[4] Saint Paul VI, Catéchèse ( 8 février 1978).

Copyright © Dicastère pour la Communication – Libreria Editrice Vaticana

 

 

Podcasts, mails, vidéos : 10 parcours en ligne pour vivre le Carême

Le Carême débute mercredi 18 février 2026. Comme chaque année, de nombreux parcours sont proposés sur Internet pour se mettre à l’écoute de la Parole, prier et se mettre en action. Tour d’horizon non exhaustif.

Méditer les textes du jour, avec « Prions en église »

« Le Seigneur est mon bonheur, chemin vers Pâques. » Pour le Carême, l’application de la publication Prions en église (entreprise du Groupe Bayard, éditeur de La Croixmet à disposition de ses abonnés payants une retraite quotidienne, sous forme écrite et audio (entre 6 et 10 minutes). À partir des textes du jour, le prêtre assomptionniste Sébastien Antoni propose une introduction, un commentaire et des invitations de mise à l’action. Un format qui vise la simplicité, pour vivre le Carême jusqu’au bout.

📱 Application (Android et IOS) et site Internet, à partir du 18 février au 5 avril.

« Plonger dans la parole », avec « Prier aujourd’hui »

Un parcours comparable est proposé par l’application de prière Prier aujourd’hui de la Communauté de l’Emmanuel. « L’intuition de ce parcours, “ Plongeons dans la Parole” est que nous prenons trop rarement le temps d’écouter vraiment la Parole de Dieu et de nous laisser façonner par elle », y précise-t-on.

Chaque semaine du Carême – à l’exception de la dernière – un podcast de 5 minutes est envoyé par mail ou sur l’application (gratuite). Un intervenant y propose un temps de prière, la méditation d’un ou deux versets de la Bible pour laisser ensuite place au silence.

📱 Application (Android et IOS) et mail, du 18 février au 5 avril.

Méditer avec l’apôtre Paul, sur Meditatio

L’an dernier, l’application payante Meditatio, créée en 2021, avait organisé un parcours de Carême autour des Pères du désert. En 2026, elle proposera – sous le même format – de méditer chaque semaine les lettres de l’apôtre Paul en pratiquant la lectio divina, une méthode de méditation biblique. « Ces lettres sont d’une importance capitale pour les chrétiens puisqu’elles offrent le témoignage le plus ancien qui existe sur le Christ et sont animées d’une foi vive, marquée par l’urgence, l’espérance et la foi missionnaire », met en avant Meditatio.

Concrètement, des méditations audio de 10 ou 15 minutes seront proposées les lundis et jeudis. Les autres jours de la semaine (à l’exception du dimanche), des méditations écrites autour de passages des épîtres de Saint Paul sont disponibles.

📱 Application (Android et IOS) du 18 février au 5 avril.

« Retour au cœur », avec le Mouvement Laudato Si’

« Revenez à moi de tout votre cœur » (Joël 2,12). « Le cœur est le lieu où la contemplation, le discernement et l’action pour notre maison commune ne font plus qu’un », écrit le Mouvement Laudato Si’, sur la page de présentation de son chemin de Carême 2026, entièrement en ligne. Chaque semaine, ce parcours propose une réflexion autour d’un extrait de Dilexit Nos – l’encyclique du pape François sur le Sacré-Cœur – et un geste hebdomadaire (prière, jeûne, contemplation…).

« En cultivant un cœur contemplatif, nous apprenons à discerner la voix de Dieu parmi les clameurs de la Terre et des pauvres, précise le mouvement. Ce discernement spirituel transforme notre action à sa racine, façonnant une foi qui unit contemplation, conversion écologique et justice, et nous permettant de proclamer avec espérance la promesse de Pâques pour toute la création. »

📱Sur le site Internet du mouvement Laudato Si’, à partir du 18 février et pendant sept semaines.

Se mettre à l’écoute des plus pauvres, avec Prie en chemin

« Je serai avec toi » (Isaïe 43,2). Prie en Chemin – une application gratuite de spiritualité ignatienne – propose, en partenariat avec le Secours catholique-Caritas France et le CCFD-Terre solidaire, un parcours pour « mieux aimer et mieux croire ». Une prière guidée est proposée chaque jour sous format audio. Le parcours inclut chaque semaine un temps de partage de foi de personnes « pauvres » (ayant traversé ou vivant la grande précarité).

« Ce sont les personnes qui ont connu la galère qui nous enseignent, elles qui nous parlent de Dieu et de nous, elles enfin qui guident notre méditation », explique-t-on au sein de Prie en chemin. Ce temps de partage de foi est suivi d’un exercice guidé par le père François Odinet, aumônier national du Secours Catholique-Caritas France.

📱 Sur l’application Prie en chemin (IOS et Android) ou par mail (inscription sur le site Internet), du 18 février au 11 avril

(Re) découvrir saint Jean de la Croix, avec les carmes de Paris

« Rencontrer le Christ au fond de notre cœur » : 2026 marque le tricentenaire de la canonisation de saint Jean de La Croix et le premier centenaire de sa proclamation comme docteur de l’Église. L’occasion, pour les Carmes de Paris, de faire redécouvrir l’œuvre spirituelle de ce grand mystique espagnol du XVIe siècle, réformateur avec sainte Thérèse d’Avila de l’ordre du Carmel.

À partir du 18 février puis chaque vendredi, les inscrits peuvent recevoir des méditations à partir des textes des Écritures et de ce saint, des pistes de mise en pratique, une méditation en format audio ainsi qu’un calendrier de prière pour la semaine. Ce dernier peut également être consulté sur différents réseaux sociaux (Facebook, Instagram, et X) de l’ordre religieux.

📱 Inscription sur le site Internet des Carmes de Paris, du 18 février au 5 avril.

Approfondir le sens du Carême, avec les dominicains

Avec « Carême dans la ville », les dominicains proposent chaque année un parcours sous forme de newsletter quotidienne et de vidéos. L’inscription permet de recevoir chaque jour une méditation à partir des textes de la messe du jour ainsi que la prière des vêpres. Trois vidéos, réalisées par le frère Philippe Jeannin, sont également envoyées chaque semaine pour « approfondir le sens du Carême, sa liturgie et ses attitudes ». Le parcours (gratuit) commence dès le 16 février.

📱 Inscription sur le site Internet Caremedanslaville.org, du 16 février au 5 avril.

Le « grand Carême » Virtus

« Un grand Carême pour se laisser (vraiment) transformer par Dieu ». Le parcours Virtus est proposé par la Fraternité Saint-Pierre, un institut traditionaliste, et l’application de prière catholique Hozana. Il s’étend sur 70 jours, depuis le 1er février et jusqu’au 12 avril qui marque la fin de l’octave de Pâques. Celui-ci se vit en fraternités non-mixtes (qui se réunissent une fois par semaine) où sont définis des binômes (qui échangent chaque jour).

Le parcours est divisé en trois étapes. Chaque fraternité met en place des engagements spirituels (chapelet, oraison, examen de conscience quotidien…), des engagements de vertu et d’aumône (pas d’écran non-nécessaire, deux heures d’activité physique ou manuelle, pratique des œuvres de miséricorde…), des efforts de pénitence à choisir parmi une liste proposée (pas d’alcool, pas de viande, pas de fromage, douche froide, dormir sur le sol ou sans oreiller, jeûne du vendredi…) et – pendant l’octave – des marques de joie.

L’application Hozana propose par ailleurs d’autres parcours de Carême, dont le sien. Baptisé « 40 jours – 40 actions », il est destiné aux personnes à « l’emploi du temps chargé » qui veulent « vivre un Carême qui a du sens ». Celui-ci passe par une lecture de l’Évangile du jour, et une action en lien à mettre en pratique (pardon, partage, pas vers la réconciliation…).

📱 En savoir plus : Caremevirtus.fr et hozana.org

Écouter la Parole de Dieu avec les catholiques du monde, par CVX-CLC

La Communauté de vie chrétienne (CVX), une association de chrétiens de spiritualité ignatienne, propose chaque semaine pendant le Carême de rejoindre des personnes du monde entier, sur l’application de visioconférence Zoom, pour échanger gratuitement autour de l’Évangile de la semaine. Des réunions sont proposées en quatre langues : anglais, espagnol, français et portugais. Elle permet aussi d’assister aux « offices du Carême à la même heure pendant six semaines.

📱 Inscription sur le site Internet de la CVX-CLC France, à partir du 18 février et pendant six semaines.

 

Publié le 02 février 2026

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Le Carême 2026

Le Carême commence le Mercredi des Cendres, mercredi 18 février 2026, et s’achève le Jeudi Saint, le jeudi 02 avril, avant la célébration de la Cène du Seigneur. La Semaine Sainte, qui commence avec le dimanche des Rameaux le 29 mars 2026, commémore la Cène, la Passion et la mort du Christ sur la Croix. Le Samedi Saint au soir et le dimanche de Pâques, le 05 avril 2026, les chrétiens célèbrent la résurrection du Christ.

 

La durée du Carême – quarante jours sans compter les dimanches – fait en particulier référence aux quarante années passées au désert par le peuple d’Israël entre sa sortie d’Égypte et son entrée en terre promise ; elle renvoie aussi aux quarante jours passés par le Christ au désert entre son baptême et le début de sa vie publique. Ce chiffre de quarante symbolise les temps de préparation à de nouveaux commencements.

Un temps de conversion

Au désert, le Christ a mené un combat spirituel dont il est sorti victorieux. À sa suite, il ne s’agit pas de faire des efforts par nos propres forces humaines mais de laisser le Christ nous habiter pour faire sa volonté et nous laisser guider par l’Esprit.

Durant le temps du Carême, nous sommes invités à nous donner des moyens concrets, dans la prière, la pénitence et l’aumône pour nous aider à discerner les priorités de notre vie. Le temps du Carême est un temps autre qui incite à une mise à l’écart pour faire silence et être ainsi réceptif à la Parole de Dieu.

Eglise catholique en France

Dans son message pour le Carême 2026, publié vendredi 13 février depuis la Cité du Vatican, le Pape Léon XIV invite les fidèles à vivre ce temps liturgique comme un chemin de conversion intérieure et communautaire. «Écouter» et «jeûner» constituent, selon le Saint-Père, deux attitudes fondamentales pour remettre Dieu au centre de la vie et laisser la foi retrouver son élan.

MESSAGE DU SAINT-PÈRE LÉON XIV POUR LE CARÊME 2026

Écouter et jeûner.
Le Carême comme temps de conversion

Chers frères et sœurs !

Le Carême est le temps où l’Église, avec une sollicitude maternelle, nous invite à remettre le mystère de Dieu au centre de notre vie, afin que notre foi retrouve son élan et que notre cœur ne se disperse pas entre les inquiétudes et les distractions quotidiennes.
Tout cheminement de conversion commence lorsque nous nous laissons rejoindre par la Parole et que nous l’accueillons avec docilité d’esprit. II existe donc un lien entre le don de la Parole de Dieu, l’espace d’hospitalité que nous lui offrons et la transformation qu’elle opère. C’est pourquoi le cheminement du Carême devient une occasion propice pour prêter l’oreille à la voix du Seigneur et renouveler la décision de suivre le Christ, en parcourant avec Lui le chemin qui monte à Jérusalem où s’accomplit le mystère de sa
passion, de sa mort et de sa résurrection.

Écouter

Cette année, je voudrais attirer l’attention, en premier lieu, sur l’importance de laisser place à la Parole à travers l’écoute, car la disposition à écouter est le premier signe par lequel se manifeste le désir d’entrer en relation avec l’autre.
Dieu Lui-même, se révélant à Moïse depuis le buisson ardent, montre que l’écoute est un trait distinctif de son être : « J’ai vu la misère de mon peuple qui est en Egypte, et  j’ai entendu ses cris » (Ex 3, 7). L’écoute du cri de l’opprimé est le début d’une histoire de libération dans laquelle le Seigneur implique également Moïse, en l’envoyant ouvrir une voie de salut à ses enfants réduits en esclavage.

Un Dieu engageant nous rejoint aujourd’hui aussi avec des pensées qui font vibrer son cœur. Pour cela, l’écoute de la Parole dans la liturgie nous éduque à une écoute plus authentique de la réalité : parmi les nombreuses voix qui traversent notre vie personnelle
et sociale, les Saintes Écritures nous rendent capables de reconnaître celle qui s’élève de la souffrance et de l’injustice, afin qu’elle ne reste pas sans réponse. Entrer dans cette disposition intérieure de réceptivité c’est se laisser instruire aujourd’hui par Dieu à écouter comme Lui, jusqu’à reconnaître que « la condition des pauvres est un cri qui, dans l’histoire de l’humanité, interpelle constamment notre vie, nos sociétés, nos systèmes politiques et économiques et, enfin et surtout, l’Église ». (1)

Jeûner

Si le Carême est un temps d’écoute, le jeûne constitue une pratique concrète qui dispose à l’accueil de la Parole de Dieu. L’abstinence de nourriture est, en effet, un exercice ascétique très ancien et irremplaçable dans le chemin de conversion. Précisément parce qu’il implique le corps, il rend plus évident ce dont nous avons « faim » et ce que nous
considérons comme essentiel à notre subsistance. Il sert donc à discerner et à ordonner les « appétits », à maintenir vigilant la faim et la soif de justice en les soustrayant à la résignation, en les éduquant pour qu’ils deviennent prière et responsabilité envers le
prochain.

Saint Augustin, avec finesse spirituelle, laisse entrevoir la tension entre le temps présent et
l’accomplissement futur qui traverse cette garde du cœur, lorsqu’il observe que : « Au cours de la vie terrestre, il appartient aux hommes d’avoir faim et soif de justice, mais en être rassasiés appartient à l’autre vie. Les anges se rassasient de ce pain, de cette
nourriture. Les hommes, en revanche, en ont faim, ils sont tous tendus vers le désir de celui-ci. Cette tension dans le désir dilate l’âme, augmente sa capacité » . (2) Le jeûne, compris dans ce sens, nous permet non seulement de discipliner le désir, de le purifier et
de le rendre plus libre, mais aussi de l’élargir de manière à ce qu’il se tourne vers Dieu et s’oriente à accomplir le bien.

Cependant, pour que le jeûne conserve sa vérité évangélique et échappe à la tentation d’enorgueillir le cœur, il doit toujours être vécu dans la foi et l’humilité. Cela exige de rester enraciné dans la communion avec le Seigneur parce que « personne ne jeûne vraiment s’il ne sait pas se nourrir de la Parole de Dieu ». (3) En tant que signe visible de notre
engagement intérieur à nous soustraire, avec le soutien de la grâce, au péché et au mal, le jeûne doit également inclure d’autres formes de privation visant à nous faire acquérir un mode de vie plus sobre, car « c’est l’austérité seule qui rend authentique et forte notre vie chrétienne ». (4)

Je voudrais donc vous inviter à une forme d’abstention très concrète et souvent peu appréciée, celle des paroles qui heurtent et blessent le prochain. Commençons par désarmer le langage en renonçant aux mots tranchants, aux jugements hâtifs, à médire de qui est absent et ne peut se défendre, aux calomnies. Efforçons-nous plutôt d’apprendre à
mesurer nos paroles et à cultiver la gentillesse : au sein de la famille, entre amis, dans les lieux de travail, sur les réseaux sociaux, dans les débats politiques, dans les moyens d e communication, dans les communautés chrétiennes. Alors, nombre de paroles de haine laisseront place à des paroles d’espoir et de paix.

Ensemble

Enfin, le Carême met en évidence la dimension communautaire de l’écoute de la Parole et de la pratique du jeûne. L’Écriture souligne également cet aspect de nombreuses façons. Par exemple, lorsqu’elle raconte, dans le livre de Néhémie, que le peuple se rassembla pour écouter la lecture publique du livre de la Loi et, pratiquant le jeûne, se disposa à la confession de foi et à l’adoration afin de renouveler l’alliance avec Dieu (cf. Ne 9, 1-3).

De même, nos paroisses, les familles, les groupes ecclésiaux et les communautés religieuses sont appelés à accomplir pendant le Carême un cheminement commun dans lequel l’écoute de la Parole de Dieu, tout comme celle du cri des pauvres et de la terre, devienne une forme de vie commune et dans lequel le jeûne soutienne une authentique
repentance. Dans cette perspective, la conversion concerne, outre la conscience de chacun, le style des relations, la qualité du dialogue, la capacité à se laisser interroger par la réalité et à reconnaitre ce qui oriente véritablement le désir, tant dans nos communautés
ecclésiales que dans l’humanité assoiffée de justice et de réconciliation.

Biens aimés, demandons la grâce d’un Carême qui rende notre oreille plus attentive à Dieu et aux plus démunis. Demandons la force d’un jeûne qui passe aussi par la langue, afin que diminuent les paroles qui blessent et que grandisse l’espace pour la voix de l’autre. Et faisons en sorte que nos communautés deviennent des lieux où le cri de ceux qui souffrent soit accueilli et où l’écoute engendre des chemins de libération, nous rendant plus prompts et plus diligents à contribuer à l’édification de la civilisation de l’amour.
J e vous bénis de tout cœur ainsi que votre cheminement de Carême.

Du Vatican, le 5 février 2026, mémoire de sainte Agathe, vierge et martyre.
LÉON PP. XIV

[1] Exhort. ap. Dilexi t e (4 octobre 2025), 9.
[2] Saint Augustin, L’utilité du jeûne, 1, 1.
[3] Benoît XVI, Catéchèse (9 mars 2011).
[4] Saint Paul VI, Catéchèse ( 8 février 1978).

Copyright © Dicastère pour la Communication – Libreria Editrice Vaticana

 

 

Podcasts, mails, vidéos : 10 parcours en ligne pour vivre le Carême

Le Carême débute mercredi 18 février 2026. Comme chaque année, de nombreux parcours sont proposés sur Internet pour se mettre à l’écoute de la Parole, prier et se mettre en action. Tour d’horizon non exhaustif.

Méditer les textes du jour, avec « Prions en église »

« Le Seigneur est mon bonheur, chemin vers Pâques. » Pour le Carême, l’application de la publication Prions en église (entreprise du Groupe Bayard, éditeur de La Croixmet à disposition de ses abonnés payants une retraite quotidienne, sous forme écrite et audio (entre 6 et 10 minutes). À partir des textes du jour, le prêtre assomptionniste Sébastien Antoni propose une introduction, un commentaire et des invitations de mise à l’action. Un format qui vise la simplicité, pour vivre le Carême jusqu’au bout.

📱 Application (Android et IOS) et site Internet, à partir du 18 février au 5 avril.

« Plonger dans la parole », avec « Prier aujourd’hui »

Un parcours comparable est proposé par l’application de prière Prier aujourd’hui de la Communauté de l’Emmanuel. « L’intuition de ce parcours, “ Plongeons dans la Parole” est que nous prenons trop rarement le temps d’écouter vraiment la Parole de Dieu et de nous laisser façonner par elle », y précise-t-on.

Chaque semaine du Carême – à l’exception de la dernière – un podcast de 5 minutes est envoyé par mail ou sur l’application (gratuite). Un intervenant y propose un temps de prière, la méditation d’un ou deux versets de la Bible pour laisser ensuite place au silence.

📱 Application (Android et IOS) et mail, du 18 février au 5 avril.

Méditer avec l’apôtre Paul, sur Meditatio

L’an dernier, l’application payante Meditatio, créée en 2021, avait organisé un parcours de Carême autour des Pères du désert. En 2026, elle proposera – sous le même format – de méditer chaque semaine les lettres de l’apôtre Paul en pratiquant la lectio divina, une méthode de méditation biblique. « Ces lettres sont d’une importance capitale pour les chrétiens puisqu’elles offrent le témoignage le plus ancien qui existe sur le Christ et sont animées d’une foi vive, marquée par l’urgence, l’espérance et la foi missionnaire », met en avant Meditatio.

Concrètement, des méditations audio de 10 ou 15 minutes seront proposées les lundis et jeudis. Les autres jours de la semaine (à l’exception du dimanche), des méditations écrites autour de passages des épîtres de Saint Paul sont disponibles.

📱 Application (Android et IOS) du 18 février au 5 avril.

« Retour au cœur », avec le Mouvement Laudato Si’

« Revenez à moi de tout votre cœur » (Joël 2,12). « Le cœur est le lieu où la contemplation, le discernement et l’action pour notre maison commune ne font plus qu’un », écrit le Mouvement Laudato Si’, sur la page de présentation de son chemin de Carême 2026, entièrement en ligne. Chaque semaine, ce parcours propose une réflexion autour d’un extrait de Dilexit Nos – l’encyclique du pape François sur le Sacré-Cœur – et un geste hebdomadaire (prière, jeûne, contemplation…).

« En cultivant un cœur contemplatif, nous apprenons à discerner la voix de Dieu parmi les clameurs de la Terre et des pauvres, précise le mouvement. Ce discernement spirituel transforme notre action à sa racine, façonnant une foi qui unit contemplation, conversion écologique et justice, et nous permettant de proclamer avec espérance la promesse de Pâques pour toute la création. »

📱Sur le site Internet du mouvement Laudato Si’, à partir du 18 février et pendant sept semaines.

Se mettre à l’écoute des plus pauvres, avec Prie en chemin

« Je serai avec toi » (Isaïe 43,2). Prie en Chemin – une application gratuite de spiritualité ignatienne – propose, en partenariat avec le Secours catholique-Caritas France et le CCFD-Terre solidaire, un parcours pour « mieux aimer et mieux croire ». Une prière guidée est proposée chaque jour sous format audio. Le parcours inclut chaque semaine un temps de partage de foi de personnes « pauvres » (ayant traversé ou vivant la grande précarité).

« Ce sont les personnes qui ont connu la galère qui nous enseignent, elles qui nous parlent de Dieu et de nous, elles enfin qui guident notre méditation », explique-t-on au sein de Prie en chemin. Ce temps de partage de foi est suivi d’un exercice guidé par le père François Odinet, aumônier national du Secours Catholique-Caritas France.

📱 Sur l’application Prie en chemin (IOS et Android) ou par mail (inscription sur le site Internet), du 18 février au 11 avril

(Re) découvrir saint Jean de la Croix, avec les carmes de Paris

« Rencontrer le Christ au fond de notre cœur » : 2026 marque le tricentenaire de la canonisation de saint Jean de La Croix et le premier centenaire de sa proclamation comme docteur de l’Église. L’occasion, pour les Carmes de Paris, de faire redécouvrir l’œuvre spirituelle de ce grand mystique espagnol du XVIe siècle, réformateur avec sainte Thérèse d’Avila de l’ordre du Carmel.

À partir du 18 février puis chaque vendredi, les inscrits peuvent recevoir des méditations à partir des textes des Écritures et de ce saint, des pistes de mise en pratique, une méditation en format audio ainsi qu’un calendrier de prière pour la semaine. Ce dernier peut également être consulté sur différents réseaux sociaux (Facebook, Instagram, et X) de l’ordre religieux.

📱 Inscription sur le site Internet des Carmes de Paris, du 18 février au 5 avril.

Approfondir le sens du Carême, avec les dominicains

Avec « Carême dans la ville », les dominicains proposent chaque année un parcours sous forme de newsletter quotidienne et de vidéos. L’inscription permet de recevoir chaque jour une méditation à partir des textes de la messe du jour ainsi que la prière des vêpres. Trois vidéos, réalisées par le frère Philippe Jeannin, sont également envoyées chaque semaine pour « approfondir le sens du Carême, sa liturgie et ses attitudes ». Le parcours (gratuit) commence dès le 16 février.

📱 Inscription sur le site Internet Caremedanslaville.org, du 16 février au 5 avril.

Le « grand Carême » Virtus

« Un grand Carême pour se laisser (vraiment) transformer par Dieu ». Le parcours Virtus est proposé par la Fraternité Saint-Pierre, un institut traditionaliste, et l’application de prière catholique Hozana. Il s’étend sur 70 jours, depuis le 1er février et jusqu’au 12 avril qui marque la fin de l’octave de Pâques. Celui-ci se vit en fraternités non-mixtes (qui se réunissent une fois par semaine) où sont définis des binômes (qui échangent chaque jour).

Le parcours est divisé en trois étapes. Chaque fraternité met en place des engagements spirituels (chapelet, oraison, examen de conscience quotidien…), des engagements de vertu et d’aumône (pas d’écran non-nécessaire, deux heures d’activité physique ou manuelle, pratique des œuvres de miséricorde…), des efforts de pénitence à choisir parmi une liste proposée (pas d’alcool, pas de viande, pas de fromage, douche froide, dormir sur le sol ou sans oreiller, jeûne du vendredi…) et – pendant l’octave – des marques de joie.

L’application Hozana propose par ailleurs d’autres parcours de Carême, dont le sien. Baptisé « 40 jours – 40 actions », il est destiné aux personnes à « l’emploi du temps chargé » qui veulent « vivre un Carême qui a du sens ». Celui-ci passe par une lecture de l’Évangile du jour, et une action en lien à mettre en pratique (pardon, partage, pas vers la réconciliation…).

📱 En savoir plus : Caremevirtus.fr et hozana.org

Écouter la Parole de Dieu avec les catholiques du monde, par CVX-CLC

La Communauté de vie chrétienne (CVX), une association de chrétiens de spiritualité ignatienne, propose chaque semaine pendant le Carême de rejoindre des personnes du monde entier, sur l’application de visioconférence Zoom, pour échanger gratuitement autour de l’Évangile de la semaine. Des réunions sont proposées en quatre langues : anglais, espagnol, français et portugais. Elle permet aussi d’assister aux « offices du Carême à la même heure pendant six semaines.

📱 Inscription sur le site Internet de la CVX-CLC France, à partir du 18 février et pendant six semaines.

 

Publié le 02 février 2026

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Le Carême 2026

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Le Carême commence le Mercredi des Cendres, mercredi 18 février 2026, et s’achève le Jeudi Saint, le jeudi 02 avril, avant la célébration de la Cène du Seigneur. La Semaine Sainte, qui commence avec le dimanche des Rameaux le 29 mars 2026, commémore la Cène, la Passion et la mort du Christ sur la Croix. Le Samedi Saint au soir et le dimanche de Pâques, le 05 avril 2026, les chrétiens célèbrent la résurrection du Christ.

 

La durée du Carême – quarante jours sans compter les dimanches – fait en particulier référence aux quarante années passées au désert par le peuple d’Israël entre sa sortie d’Égypte et son entrée en terre promise ; elle renvoie aussi aux quarante jours passés par le Christ au désert entre son baptême et le début de sa vie publique. Ce chiffre de quarante symbolise les temps de préparation à de nouveaux commencements.

Un temps de conversion

Au désert, le Christ a mené un combat spirituel dont il est sorti victorieux. À sa suite, il ne s’agit pas de faire des efforts par nos propres forces humaines mais de laisser le Christ nous habiter pour faire sa volonté et nous laisser guider par l’Esprit.

Durant le temps du Carême, nous sommes invités à nous donner des moyens concrets, dans la prière, la pénitence et l’aumône pour nous aider à discerner les priorités de notre vie. Le temps du Carême est un temps autre qui incite à une mise à l’écart pour faire silence et être ainsi réceptif à la Parole de Dieu.

Eglise catholique en France

Dans son message pour le Carême 2026, publié vendredi 13 février depuis la Cité du Vatican, le Pape Léon XIV invite les fidèles à vivre ce temps liturgique comme un chemin de conversion intérieure et communautaire. «Écouter» et «jeûner» constituent, selon le Saint-Père, deux attitudes fondamentales pour remettre Dieu au centre de la vie et laisser la foi retrouver son élan.

MESSAGE DU SAINT-PÈRE LÉON XIV POUR LE CARÊME 2026

Écouter et jeûner.
Le Carême comme temps de conversion

Chers frères et sœurs !

Le Carême est le temps où l’Église, avec une sollicitude maternelle, nous invite à remettre le mystère de Dieu au centre de notre vie, afin que notre foi retrouve son élan et que notre cœur ne se disperse pas entre les inquiétudes et les distractions quotidiennes.
Tout cheminement de conversion commence lorsque nous nous laissons rejoindre par la Parole et que nous l’accueillons avec docilité d’esprit. II existe donc un lien entre le don de la Parole de Dieu, l’espace d’hospitalité que nous lui offrons et la transformation qu’elle opère. C’est pourquoi le cheminement du Carême devient une occasion propice pour prêter l’oreille à la voix du Seigneur et renouveler la décision de suivre le Christ, en parcourant avec Lui le chemin qui monte à Jérusalem où s’accomplit le mystère de sa
passion, de sa mort et de sa résurrection.

Écouter

Cette année, je voudrais attirer l’attention, en premier lieu, sur l’importance de laisser place à la Parole à travers l’écoute, car la disposition à écouter est le premier signe par lequel se manifeste le désir d’entrer en relation avec l’autre.
Dieu Lui-même, se révélant à Moïse depuis le buisson ardent, montre que l’écoute est un trait distinctif de son être : « J’ai vu la misère de mon peuple qui est en Egypte, et  j’ai entendu ses cris » (Ex 3, 7). L’écoute du cri de l’opprimé est le début d’une histoire de libération dans laquelle le Seigneur implique également Moïse, en l’envoyant ouvrir une voie de salut à ses enfants réduits en esclavage.

Un Dieu engageant nous rejoint aujourd’hui aussi avec des pensées qui font vibrer son cœur. Pour cela, l’écoute de la Parole dans la liturgie nous éduque à une écoute plus authentique de la réalité : parmi les nombreuses voix qui traversent notre vie personnelle
et sociale, les Saintes Écritures nous rendent capables de reconnaître celle qui s’élève de la souffrance et de l’injustice, afin qu’elle ne reste pas sans réponse. Entrer dans cette disposition intérieure de réceptivité c’est se laisser instruire aujourd’hui par Dieu à écouter comme Lui, jusqu’à reconnaître que « la condition des pauvres est un cri qui, dans l’histoire de l’humanité, interpelle constamment notre vie, nos sociétés, nos systèmes politiques et économiques et, enfin et surtout, l’Église ». (1)

Jeûner

Si le Carême est un temps d’écoute, le jeûne constitue une pratique concrète qui dispose à l’accueil de la Parole de Dieu. L’abstinence de nourriture est, en effet, un exercice ascétique très ancien et irremplaçable dans le chemin de conversion. Précisément parce qu’il implique le corps, il rend plus évident ce dont nous avons « faim » et ce que nous
considérons comme essentiel à notre subsistance. Il sert donc à discerner et à ordonner les « appétits », à maintenir vigilant la faim et la soif de justice en les soustrayant à la résignation, en les éduquant pour qu’ils deviennent prière et responsabilité envers le
prochain.

Saint Augustin, avec finesse spirituelle, laisse entrevoir la tension entre le temps présent et
l’accomplissement futur qui traverse cette garde du cœur, lorsqu’il observe que : « Au cours de la vie terrestre, il appartient aux hommes d’avoir faim et soif de justice, mais en être rassasiés appartient à l’autre vie. Les anges se rassasient de ce pain, de cette
nourriture. Les hommes, en revanche, en ont faim, ils sont tous tendus vers le désir de celui-ci. Cette tension dans le désir dilate l’âme, augmente sa capacité » . (2) Le jeûne, compris dans ce sens, nous permet non seulement de discipliner le désir, de le purifier et
de le rendre plus libre, mais aussi de l’élargir de manière à ce qu’il se tourne vers Dieu et s’oriente à accomplir le bien.

Cependant, pour que le jeûne conserve sa vérité évangélique et échappe à la tentation d’enorgueillir le cœur, il doit toujours être vécu dans la foi et l’humilité. Cela exige de rester enraciné dans la communion avec le Seigneur parce que « personne ne jeûne vraiment s’il ne sait pas se nourrir de la Parole de Dieu ». (3) En tant que signe visible de notre
engagement intérieur à nous soustraire, avec le soutien de la grâce, au péché et au mal, le jeûne doit également inclure d’autres formes de privation visant à nous faire acquérir un mode de vie plus sobre, car « c’est l’austérité seule qui rend authentique et forte notre vie chrétienne ». (4)

Je voudrais donc vous inviter à une forme d’abstention très concrète et souvent peu appréciée, celle des paroles qui heurtent et blessent le prochain. Commençons par désarmer le langage en renonçant aux mots tranchants, aux jugements hâtifs, à médire de qui est absent et ne peut se défendre, aux calomnies. Efforçons-nous plutôt d’apprendre à
mesurer nos paroles et à cultiver la gentillesse : au sein de la famille, entre amis, dans les lieux de travail, sur les réseaux sociaux, dans les débats politiques, dans les moyens d e communication, dans les communautés chrétiennes. Alors, nombre de paroles de haine laisseront place à des paroles d’espoir et de paix.

Ensemble

Enfin, le Carême met en évidence la dimension communautaire de l’écoute de la Parole et de la pratique du jeûne. L’Écriture souligne également cet aspect de nombreuses façons. Par exemple, lorsqu’elle raconte, dans le livre de Néhémie, que le peuple se rassembla pour écouter la lecture publique du livre de la Loi et, pratiquant le jeûne, se disposa à la confession de foi et à l’adoration afin de renouveler l’alliance avec Dieu (cf. Ne 9, 1-3).

De même, nos paroisses, les familles, les groupes ecclésiaux et les communautés religieuses sont appelés à accomplir pendant le Carême un cheminement commun dans lequel l’écoute de la Parole de Dieu, tout comme celle du cri des pauvres et de la terre, devienne une forme de vie commune et dans lequel le jeûne soutienne une authentique
repentance. Dans cette perspective, la conversion concerne, outre la conscience de chacun, le style des relations, la qualité du dialogue, la capacité à se laisser interroger par la réalité et à reconnaitre ce qui oriente véritablement le désir, tant dans nos communautés
ecclésiales que dans l’humanité assoiffée de justice et de réconciliation.

Biens aimés, demandons la grâce d’un Carême qui rende notre oreille plus attentive à Dieu et aux plus démunis. Demandons la force d’un jeûne qui passe aussi par la langue, afin que diminuent les paroles qui blessent et que grandisse l’espace pour la voix de l’autre. Et faisons en sorte que nos communautés deviennent des lieux où le cri de ceux qui souffrent soit accueilli et où l’écoute engendre des chemins de libération, nous rendant plus prompts et plus diligents à contribuer à l’édification de la civilisation de l’amour.
J e vous bénis de tout cœur ainsi que votre cheminement de Carême.

Du Vatican, le 5 février 2026, mémoire de sainte Agathe, vierge et martyre.
LÉON PP. XIV

[1] Exhort. ap. Dilexi t e (4 octobre 2025), 9.
[2] Saint Augustin, L’utilité du jeûne, 1, 1.
[3] Benoît XVI, Catéchèse (9 mars 2011).
[4] Saint Paul VI, Catéchèse ( 8 février 1978).

Copyright © Dicastère pour la Communication – Libreria Editrice Vaticana

 

 

Podcasts, mails, vidéos : 10 parcours en ligne pour vivre le Carême

Le Carême débute mercredi 18 février 2026. Comme chaque année, de nombreux parcours sont proposés sur Internet pour se mettre à l’écoute de la Parole, prier et se mettre en action. Tour d’horizon non exhaustif.

Méditer les textes du jour, avec « Prions en église »

« Le Seigneur est mon bonheur, chemin vers Pâques. » Pour le Carême, l’application de la publication Prions en église (entreprise du Groupe Bayard, éditeur de La Croixmet à disposition de ses abonnés payants une retraite quotidienne, sous forme écrite et audio (entre 6 et 10 minutes). À partir des textes du jour, le prêtre assomptionniste Sébastien Antoni propose une introduction, un commentaire et des invitations de mise à l’action. Un format qui vise la simplicité, pour vivre le Carême jusqu’au bout.

📱 Application (Android et IOS) et site Internet, à partir du 18 février au 5 avril.

« Plonger dans la parole », avec « Prier aujourd’hui »

Un parcours comparable est proposé par l’application de prière Prier aujourd’hui de la Communauté de l’Emmanuel. « L’intuition de ce parcours, “ Plongeons dans la Parole” est que nous prenons trop rarement le temps d’écouter vraiment la Parole de Dieu et de nous laisser façonner par elle », y précise-t-on.

Chaque semaine du Carême – à l’exception de la dernière – un podcast de 5 minutes est envoyé par mail ou sur l’application (gratuite). Un intervenant y propose un temps de prière, la méditation d’un ou deux versets de la Bible pour laisser ensuite place au silence.

📱 Application (Android et IOS) et mail, du 18 février au 5 avril.

Méditer avec l’apôtre Paul, sur Meditatio

L’an dernier, l’application payante Meditatio, créée en 2021, avait organisé un parcours de Carême autour des Pères du désert. En 2026, elle proposera – sous le même format – de méditer chaque semaine les lettres de l’apôtre Paul en pratiquant la lectio divina, une méthode de méditation biblique. « Ces lettres sont d’une importance capitale pour les chrétiens puisqu’elles offrent le témoignage le plus ancien qui existe sur le Christ et sont animées d’une foi vive, marquée par l’urgence, l’espérance et la foi missionnaire », met en avant Meditatio.

Concrètement, des méditations audio de 10 ou 15 minutes seront proposées les lundis et jeudis. Les autres jours de la semaine (à l’exception du dimanche), des méditations écrites autour de passages des épîtres de Saint Paul sont disponibles.

📱 Application (Android et IOS) du 18 février au 5 avril.

« Retour au cœur », avec le Mouvement Laudato Si’

« Revenez à moi de tout votre cœur » (Joël 2,12). « Le cœur est le lieu où la contemplation, le discernement et l’action pour notre maison commune ne font plus qu’un », écrit le Mouvement Laudato Si’, sur la page de présentation de son chemin de Carême 2026, entièrement en ligne. Chaque semaine, ce parcours propose une réflexion autour d’un extrait de Dilexit Nos – l’encyclique du pape François sur le Sacré-Cœur – et un geste hebdomadaire (prière, jeûne, contemplation…).

« En cultivant un cœur contemplatif, nous apprenons à discerner la voix de Dieu parmi les clameurs de la Terre et des pauvres, précise le mouvement. Ce discernement spirituel transforme notre action à sa racine, façonnant une foi qui unit contemplation, conversion écologique et justice, et nous permettant de proclamer avec espérance la promesse de Pâques pour toute la création. »

📱Sur le site Internet du mouvement Laudato Si’, à partir du 18 février et pendant sept semaines.

Se mettre à l’écoute des plus pauvres, avec Prie en chemin

« Je serai avec toi » (Isaïe 43,2). Prie en Chemin – une application gratuite de spiritualité ignatienne – propose, en partenariat avec le Secours catholique-Caritas France et le CCFD-Terre solidaire, un parcours pour « mieux aimer et mieux croire ». Une prière guidée est proposée chaque jour sous format audio. Le parcours inclut chaque semaine un temps de partage de foi de personnes « pauvres » (ayant traversé ou vivant la grande précarité).

« Ce sont les personnes qui ont connu la galère qui nous enseignent, elles qui nous parlent de Dieu et de nous, elles enfin qui guident notre méditation », explique-t-on au sein de Prie en chemin. Ce temps de partage de foi est suivi d’un exercice guidé par le père François Odinet, aumônier national du Secours Catholique-Caritas France.

📱 Sur l’application Prie en chemin (IOS et Android) ou par mail (inscription sur le site Internet), du 18 février au 11 avril

(Re) découvrir saint Jean de la Croix, avec les carmes de Paris

« Rencontrer le Christ au fond de notre cœur » : 2026 marque le tricentenaire de la canonisation de saint Jean de La Croix et le premier centenaire de sa proclamation comme docteur de l’Église. L’occasion, pour les Carmes de Paris, de faire redécouvrir l’œuvre spirituelle de ce grand mystique espagnol du XVIe siècle, réformateur avec sainte Thérèse d’Avila de l’ordre du Carmel.

À partir du 18 février puis chaque vendredi, les inscrits peuvent recevoir des méditations à partir des textes des Écritures et de ce saint, des pistes de mise en pratique, une méditation en format audio ainsi qu’un calendrier de prière pour la semaine. Ce dernier peut également être consulté sur différents réseaux sociaux (Facebook, Instagram, et X) de l’ordre religieux.

📱 Inscription sur le site Internet des Carmes de Paris, du 18 février au 5 avril.

Approfondir le sens du Carême, avec les dominicains

Avec « Carême dans la ville », les dominicains proposent chaque année un parcours sous forme de newsletter quotidienne et de vidéos. L’inscription permet de recevoir chaque jour une méditation à partir des textes de la messe du jour ainsi que la prière des vêpres. Trois vidéos, réalisées par le frère Philippe Jeannin, sont également envoyées chaque semaine pour « approfondir le sens du Carême, sa liturgie et ses attitudes ». Le parcours (gratuit) commence dès le 16 février.

📱 Inscription sur le site Internet Caremedanslaville.org, du 16 février au 5 avril.

Le « grand Carême » Virtus

« Un grand Carême pour se laisser (vraiment) transformer par Dieu ». Le parcours Virtus est proposé par la Fraternité Saint-Pierre, un institut traditionaliste, et l’application de prière catholique Hozana. Il s’étend sur 70 jours, depuis le 1er février et jusqu’au 12 avril qui marque la fin de l’octave de Pâques. Celui-ci se vit en fraternités non-mixtes (qui se réunissent une fois par semaine) où sont définis des binômes (qui échangent chaque jour).

Le parcours est divisé en trois étapes. Chaque fraternité met en place des engagements spirituels (chapelet, oraison, examen de conscience quotidien…), des engagements de vertu et d’aumône (pas d’écran non-nécessaire, deux heures d’activité physique ou manuelle, pratique des œuvres de miséricorde…), des efforts de pénitence à choisir parmi une liste proposée (pas d’alcool, pas de viande, pas de fromage, douche froide, dormir sur le sol ou sans oreiller, jeûne du vendredi…) et – pendant l’octave – des marques de joie.

L’application Hozana propose par ailleurs d’autres parcours de Carême, dont le sien. Baptisé « 40 jours – 40 actions », il est destiné aux personnes à « l’emploi du temps chargé » qui veulent « vivre un Carême qui a du sens ». Celui-ci passe par une lecture de l’Évangile du jour, et une action en lien à mettre en pratique (pardon, partage, pas vers la réconciliation…).

📱 En savoir plus : Caremevirtus.fr et hozana.org

Écouter la Parole de Dieu avec les catholiques du monde, par CVX-CLC

La Communauté de vie chrétienne (CVX), une association de chrétiens de spiritualité ignatienne, propose chaque semaine pendant le Carême de rejoindre des personnes du monde entier, sur l’application de visioconférence Zoom, pour échanger gratuitement autour de l’Évangile de la semaine. Des réunions sont proposées en quatre langues : anglais, espagnol, français et portugais. Elle permet aussi d’assister aux « offices du Carême à la même heure pendant six semaines.

📱 Inscription sur le site Internet de la CVX-CLC France, à partir du 18 février et pendant six semaines.

 

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Publié le 02 février 2026