Quelles sont les fêtes juives ?
Pessah (Pâque) rappelle la sortie d’Égypte du peuple juif.
C’est le « passage » de la servitude à la liberté. La fête dure sept jours. Le rite principal se déroule en famille, à la tombée de la nuit, autour d’un repas rituel, le seder, qui donne lieu à une liturgie particulière faite de bénédictions, de récits et de chants.
Pessa’h (Pâque) célèbre la naissance du peuple d’Israël, libéré de la servitude d’Égypte, par l’intervention divine, via Moïse. C’est la fête fondatrice de toutes les autres, et c’est en référence à cette libération que Dieu se présentera dans la parole inaugurale du Décalogue.
Lors de la 10e et dernière plaie (la mort des premiers-nés) les Hébreux restent dans leur maison, consommant du pain azyme (matsa), des herbes amères (maror), et un agneau grillé, dont le sang avait badigeonné les montants et les linteaux comme signe protecteur.
Cette première pâque servira de modèle rituel pour toutes les générations d’Israël.
Plus tard, Pessa’h devient la 1e fête de pèlerinage des tribus d’Israël, et lorsque le 1e Temple de Salomon fut bâti, puis le 2e, Jérusalem voit se rassembler les familles israélites pour consommer ces 3 aliments hautement mémoriels et symboliques.
La Torah a établi 7 jours de Pessa’h ainsi répartis : le 1e jour et le dernier sont chômés, les 5 jours intermédiaires sont demi-fêtes où le travail est autorisé.
En plus de la soirée pascale (doublée en dehors d’Israël), durant toute la fête de Pessa’h la consommation de pain et autres matières fermentées à partir de 5 céréales est interdites, sous des formes solides ou liquides. Ces 5 céréales sont : le blé, l’orge, l’avoine, le seigle et l’épeautre. Les autres céréales sont permises, bien que certaines communautés soient plus strictes (par l’exemple l’interdiction du riz ou de légumineuses).
Shavouot, ou pentecôte en grec, a lieu cinquante jours après pessah.
À cette fête est célébré le don de la Torah.
La fête de Chavouot « Semaines » se nomme ainsi car elle tombe 7 semaines après Pessa’h (le 6 sivan), et en constitue en quelque sorte l’aboutissement. Un peuple ne peut être libéré s’il n’a pas une loi pour le guider. On ne peut naître sans éducation. Cette loi s’exprimera d’abord dans le Décalogue, puis dans l’ensemble des mitsvot de la Torah».
Ce n’est pas la Torah écrite, mais la tradition rabbinique qui, par exégèse, met en relation la date du 6 sivan et le don de la Torah, mais depuis les temps antiques cette corrélation était bien établie.
Selon la Torah, Chavouot est la fête des prémices du blé (fête de la moisson) et à cette occasion l’on offrait sur l’autel du Temple 2 miches de pains réalisés avec cette farine. Tous ces actes de dépossessions expriment autant de gestes de gratitude envers le Créateur.
La correspondance entre la moisson du blé et le don de la Torah est ainsi expliquée par nos sages : le corps à besoin de blé et l’âme de la Torah, chaque partie de l’être a besoin de sa nourriture.
Le fait d’offrir deux pains de blé à Chavouot alors que le 2ejour de Pessa’h on offrait de l’orge brute est ainsi expliqué : A Pessa’h, les Hébreux sortis d’Egypte avaient été réduits au rang d’animaux à qui l’on donne le l’orge brute. Par le cheminement de la période de l’Ômer, leurs ancêtres ont atteint leur humanité, symbolisée par la consommation du pain de blé.
Le mot Chavouot « Semaines » évoque Chavouâ « Serment », car le don de la Torah ressemble à un serment mutuel entre Dieu et les enfants d’Israël. Le Midrach compare cette rencontre à un mariage : Dieu, le marié ; Israël, la mariée ; Moïse, l’officiant, les tables de la Loi, l’alliance, et pour la houppa (dais nuptial), Dieu retourna le mont Sinaï comme un toit.
Soukkot, ou Fête des Tentes, dure sept jours et se célèbre à l’automne.
Elle fait mémoire de la traversée de 40 ans du désert par le peuple juif quand Israël vivait sous la tente et que son seul recours était Dieu.
5 jours après Kippour, Israël célèbre la 3e fête de pèlerinage, la fête de Souccot dite « des cabanes ». Cette solennité joyeuse rappelle les habitations précaires dans lesquelles vivaient les Hébreux, sortis d’Egypte. Certes ils ne vivaient pas dans de jolies cabanes décorées de fleurs comme celles d’aujourd’hui, mais dans des tentes de bédouins ; et c’est au moment du retour de l’exil de Babylone, selon le livre de Néhémie (chap. 8) que l’on commença à construire des cabanes en bois avec un toit de feuillage.
En même temps que la soucca évoque les tentes des enfants d’Israël durant leur périple du désert (40 ans), la soucca symbolise la providence divine, cette alliance avec la vie, qui a fait traverser l’Histoire au peuple juif jusqu’aujourd’hui.
A cette mitsva de la soucca, la Torah a ajouté celle d’agiter 4 espèces végétales, nommés Loulav (du nom de la plus grande tige) ou arbâ minim « 4 espèces », que la tradition orale a ainsi identifié : 1 branche de palmier, 2 branches de saule, 3 branches de myrte et 1 étrog « cédrat ». La Torah ne justifie pas cette pratique, mais elle s’explique, en cette période automnale,comme un geste de reconnaissance envers les pluies de bénédictions offertes par le Miséricordieux. Durant l’office, le fidèle agite ces 4 espèces, notamment en récitant Hosanna « Sauve-nous », et en formant une procession autour du rouleau de la Torah, nommée hakafoth.
Les fêtes de pèlerinage en général, et celle de Souccot, étaient originellement des fêtes agricoles : Pessa’h correspondant à la germination, Chavouot à la moisson du blé et Souccot à l’engrangement final. Par la sortie d’Egypte elles prennent une dimension religieuse : la sortie d’Egypte, le don de la Torah et la traversée du désert. Ainsi le fidèle pose que le Dieu de la morale (YHWH) est aussi le Dieu de la Nature (Elohim), affirmation liturgique répétée depuis Roch Hachana jusqu’à Kippour : « YHWH est Elohim ».
Pour maintenir ce caractère agricole de la fête, la loi juive demande de recouvrir le toit uniquement avec des branchages végétaux, sans utilisation de métal ou de peaux de bête. Cette cabane plus en moins grande, pouvant contenir entre 1 personne et plus de 100, (dans certaines cours d’hôtel en Israël), est joliment décoré à l’intérieur, on y suspend des fruits, on y appose des tissus colorés ou des représentations de Jérusalem (Yerushalayim), la cité de David.
La Soucca possède des murs mais pas de porte d’entrée, afin de pouvoir accueillir les membres de la communauté, la famille, les amis, juifs et non-juifs.
Ajoutons que la Torah ajoute une 3e mitsva pour cette fête de Souccot : la joie, la sim’ha. C’est pourquoi dans la prière, elle est surnommée Souccot : zéman simhaténou « le temps de notre joie ». Après le pardon de Kippour et l’engrangement des récoltes, le fidèle se réjouit devant l’Eternel de tous ses bienfaits matériels et spirituels. Les mystiques affirment que Dieu ne se trouve pas dans la tristesse, mais dans la joie.
La fête de Souccot s’étendant sur 7 jours, la tradition juive a fait correspondre à chaque jour un fondateur de l’identité d’Israël : Abraham (et Sarah), Isaac (et Rebecca), Jacob (Rachel et Léa), Joseph (et Asnat) Moïse (et Tsipora), Aaron (et Elishéba), David (et Bethsabée). On parle des ouchpizimou « invités d’honneur ». Les patriarches et les matriarches ont fondé l’identité d’Israël, Moïse et Aaron leur ont apporté la Loi et le Culte, David a fondé la royauté sur la terre d’Israël. En vivant Souccot nous revivons les origines de notre histoire.
Durant la prière de Souccot, en plus des psaumes et des poèmes particuliers, les juifs lisent chaque jour dans la Torah un passage concernant les sacrifices. A l’époque du Temple on offrait au total des jours 70 taureaux. Or 70 est le nombre symbolique de l’universel (le nombre de peuples nés après le déluge). Ici l’universalisme d’Israël s’exprime totalement : après avoir vécu son jour d’Expiation des fautes (Kippour), Israël – dont la vocation est d’être « royauté de prêtres » au milieu des nations – offre 70 sacrifices d’expiation pour les 70 peuples de la terre. Une manière de traduire « elles seront bénies par toi (Abraham) toutes les familles de la terre. » (Gn 12, 3).
Le dernier jour de Souccot porte le nom de Hochana Rabba « Grande Délivrance ». Ce sont les kabbalistes de Safed (16es.) qui ont invité les fidèles à rester éveillés toute la nuit en étudiant la Torah et en récitant une liturgie de Kippour. Les mystiques affirment que le décret divin au final n’est pas scellé à Kippour mais à la fin de Souccot, pour permettre à Israël d’augmenter son mérite par les mitsvot accomplis durant la fête des Cabanes. Hochana Rabba s’achève par un office matinal avec une liturgie particulière.
La célébration d’Hochana Raba (demandes nombreuses de grâce) est très particulière et intéressante malgré son heure matinale : elle comporte plusieurs singularités ci-après : l’une est que c’est le dernier jour de Souccot, ‘Hag sim’haténou, la fête de notre joie ; une autre est la tradition de battre les feuilles de saule du loulav contre un objet dur pour en faire tomber des feuilles ceci au cours de processions (hakafoth) nombreuses.
On y souligne la joie de la fête en chantant le Hallel et, pendant les processions, de nombreux chants, mais on y chante également des Seli’hot (demandes de pardon) en considérant que le peuple juif a une « dernière chance » d’obtenir le pardon même après le « scellement » que nous a apporté Kippour.
Rosh Hashanah signifie « tête de l’année ». C’est le jour de l’an juif, mais surtout la célébration du Dieu-Créateur, juge de sa création.
La coutume est de se souhaiter une bonne année en s’offrant un morceau de pomme trempé dans du miel. La fête ouvre dix jours de pénitence, de prière, de réconciliation ; le dixième est le jour de Kippour.
Selon la Torah, le 1e jour de l’année est le 1e nissan, mois de la sortie d’Egypte et de la naissance du âm Israël, reléguant le « jour de la sonnerie » (yom térouâ) au 1e jour du 7e mois. Au retour de l’exil de Babylone, le calendrier fut repensé, et le 1e jour du 7e mois devint le Roch Hachana « Tête de l’Année ». Roch Hachana tombe toujours au début de l’automne (septembre octobre). Dès lors les sonneries du shofar (corne de bélier) marquent le début de l’année religieuse et la fin du cycle agricole.
Roch Hachana baigne dans une atmosphère joyeuse, teintée par une liturgie qui élève le cœur vers le Ciel. C’est au cours de la prière du matin, lors du moussaf, que 100 sonneries seront entendues par les fidèles. La prière Avinou Malkénou« notre Père notre Roi » traduit toute la foi d’Israël qui s’en remet totalement aux décisions divines dans l’espérance d’une année de santé, de réussite et de paix. De célèbres chanteurs ont repris ce poème, comme Barbara Streisand.
Yom Kippour, ou Jour du grand pardon, jeûne absolu de 25 heures, offices à la synagogue centrés sur la reconnaissance des péchés personnels et communautaires, l’appel à la miséricorde divine.
Selon la Torah, le 10e jour du 7e est nommé Yom Hakipourim « Jour des Expiations » ou « Recouvrements » (des fautes), soit 10 jours après Roch Hachana. Par la suite on utilisera Kippour au singulier par évolution du langage. Si le Tanakh (Bible hébraïque) reste silencieux sur la manière dont on célébrait ce jour à l’époque du 1e Temple de Jérusalem, nous savons par la Mishna (rédigée entre 200 et 220) comment il se pratiquait à l’époque du second Temple. Pour le distinguer du Shabbat « Cessation », la Torah parle de Shabbat Shabbaton « Cessation de Cessation », ajoutant aux interdits du Shabbat, l’obligation d’un jeûne complet de 25 heures, de la veille au lendemain nuit.
Pourim est un mot perse ancien qui signifie (tirage aux) « sorts ». Ce nom est lié à l’histoire d’Esther.
Cette histoire se déroule dans l’Empire Perse au 5e siècle avant notre ère. Le roi Assuérus, cherchant une nouvelle reine, s’éprend d’Esther, nièce de Mardochée, une jeune exilée du royaume judéen (après la destruction du 1e temple en -586). Son oncle Mardochée, et père adoptif, lui recommande de ne pas dévoiler son identité juive (elle s’appelait Hadassa de son hébraïque), ce qu’elle fera. Mardochée refusant de se prosterner devant l’orgueilleux conseiller du roi, Haman, ce dernier décide une solution finale contre tout le peuple juif se trouvant dans les 127 provinces royales. Il décide de tirer aux sorts la date de cette extermination. Grâce au courage d’Esther qui risque sa vie pour son peuple, le projet d’Haman se retournera contre lui. Le jour de deuil devient un jour de joie pour Israël, soit le 14 adar.
Si Hanouka souligne le danger d’une disparition spirituelle de la Torah et donc du peuple juif, Pourim rappelle les dangers de l’extermination d’un peuple livré aux nations, sans le moindre moyen de se défendre. Dans le rouleau d’Esther, le nom divin n’est pas mentionné une seule fois, sans doute volontairement, pour souligner ce temps de l’exil qui est le temps du voilement de Dieu. Bien que le nom Esther renvoie à la déesse Ishtar (c’est pourquoi on ne pouvait soupçonner sa judéité), les sages y ont vu l’idée de voilement (qui donne en français « mystère »), ce voilement de Dieu qui se cache dans l’Histoire (homophonie d’Esther).
Esther, comme d’autres femmes de la Bible, symbolise le courage de la survie d’Israël dans les moments les plus difficiles, d’hier et d’aujourd’hui.
Les rabbins y ont vu un message si important qu’ils ont institué cette fête pour les générations futures.
Hanouka signifie « Inauguration », et rappelle la victoire du peuple judéen contre l’occupation grecque 2 siècle avant notre ère.
En effet, après la conquête de la Judée par Alexandre le Grand le roi syro-grec Antiochus IV Épiphane, décide d’imposer le culte helléniste, en interdisant le culte juif. Sous l’impulsion d’un grand prêtre Matatiahou de la famille des Hasmonéens, et surtout de ses 5 fils dont Juda dit Maccabée (Martel), le petit peuple se révolte contre l’occupant et finit par libérer Jérusalem et son Temple. Les juifs décident alors d’allumer la ménora, le chandelier à 7 branches, avec de l’huile consacrée, mais toutes les huiles ont été souillées, sauf une fiole contenant suffisamment d’huile pour brûler 1 jour. Un miracle se produit et les flammes de la ménora brûlent 8 jours. C’est ainsi que le 2e Temple de Jérusalem fut ré-inauguré dont le nom de Hanouka. C’est en souvenir de ce miracle que les maîtres ont instauré l’allumage de la hanoukia durant 8 jours.
Publié le 30 septembre 2026
Quelles sont les fêtes juives ?
Pessah (Pâque) rappelle la sortie d’Égypte du peuple juif.
C’est le « passage » de la servitude à la liberté. La fête dure sept jours. Le rite principal se déroule en famille, à la tombée de la nuit, autour d’un repas rituel, le seder, qui donne lieu à une liturgie particulière faite de bénédictions, de récits et de chants.
Pessa’h (Pâque) célèbre la naissance du peuple d’Israël, libéré de la servitude d’Égypte, par l’intervention divine, via Moïse. C’est la fête fondatrice de toutes les autres, et c’est en référence à cette libération que Dieu se présentera dans la parole inaugurale du Décalogue.
Lors de la 10e et dernière plaie (la mort des premiers-nés) les Hébreux restent dans leur maison, consommant du pain azyme (matsa), des herbes amères (maror), et un agneau grillé, dont le sang avait badigeonné les montants et les linteaux comme signe protecteur.
Cette première pâque servira de modèle rituel pour toutes les générations d’Israël.
Plus tard, Pessa’h devient la 1e fête de pèlerinage des tribus d’Israël, et lorsque le 1e Temple de Salomon fut bâti, puis le 2e, Jérusalem voit se rassembler les familles israélites pour consommer ces 3 aliments hautement mémoriels et symboliques.
La Torah a établi 7 jours de Pessa’h ainsi répartis : le 1e jour et le dernier sont chômés, les 5 jours intermédiaires sont demi-fêtes où le travail est autorisé.
En plus de la soirée pascale (doublée en dehors d’Israël), durant toute la fête de Pessa’h la consommation de pain et autres matières fermentées à partir de 5 céréales est interdites, sous des formes solides ou liquides. Ces 5 céréales sont : le blé, l’orge, l’avoine, le seigle et l’épeautre. Les autres céréales sont permises, bien que certaines communautés soient plus strictes (par l’exemple l’interdiction du riz ou de légumineuses).
Shavouot, ou pentecôte en grec, a lieu cinquante jours après pessah.
À cette fête est célébré le don de la Torah.
La fête de Chavouot « Semaines » se nomme ainsi car elle tombe 7 semaines après Pessa’h (le 6 sivan), et en constitue en quelque sorte l’aboutissement. Un peuple ne peut être libéré s’il n’a pas une loi pour le guider. On ne peut naître sans éducation. Cette loi s’exprimera d’abord dans le Décalogue, puis dans l’ensemble des mitsvot de la Torah».
Ce n’est pas la Torah écrite, mais la tradition rabbinique qui, par exégèse, met en relation la date du 6 sivan et le don de la Torah, mais depuis les temps antiques cette corrélation était bien établie.
Selon la Torah, Chavouot est la fête des prémices du blé (fête de la moisson) et à cette occasion l’on offrait sur l’autel du Temple 2 miches de pains réalisés avec cette farine. Tous ces actes de dépossessions expriment autant de gestes de gratitude envers le Créateur.
La correspondance entre la moisson du blé et le don de la Torah est ainsi expliquée par nos sages : le corps à besoin de blé et l’âme de la Torah, chaque partie de l’être a besoin de sa nourriture.
Le fait d’offrir deux pains de blé à Chavouot alors que le 2ejour de Pessa’h on offrait de l’orge brute est ainsi expliqué : A Pessa’h, les Hébreux sortis d’Egypte avaient été réduits au rang d’animaux à qui l’on donne le l’orge brute. Par le cheminement de la période de l’Ômer, leurs ancêtres ont atteint leur humanité, symbolisée par la consommation du pain de blé.
Le mot Chavouot « Semaines » évoque Chavouâ « Serment », car le don de la Torah ressemble à un serment mutuel entre Dieu et les enfants d’Israël. Le Midrach compare cette rencontre à un mariage : Dieu, le marié ; Israël, la mariée ; Moïse, l’officiant, les tables de la Loi, l’alliance, et pour la houppa (dais nuptial), Dieu retourna le mont Sinaï comme un toit.
Soukkot, ou Fête des Tentes, dure sept jours et se célèbre à l’automne.
Elle fait mémoire de la traversée de 40 ans du désert par le peuple juif quand Israël vivait sous la tente et que son seul recours était Dieu.
5 jours après Kippour, Israël célèbre la 3e fête de pèlerinage, la fête de Souccot dite « des cabanes ». Cette solennité joyeuse rappelle les habitations précaires dans lesquelles vivaient les Hébreux, sortis d’Egypte. Certes ils ne vivaient pas dans de jolies cabanes décorées de fleurs comme celles d’aujourd’hui, mais dans des tentes de bédouins ; et c’est au moment du retour de l’exil de Babylone, selon le livre de Néhémie (chap. 8) que l’on commença à construire des cabanes en bois avec un toit de feuillage.
En même temps que la soucca évoque les tentes des enfants d’Israël durant leur périple du désert (40 ans), la soucca symbolise la providence divine, cette alliance avec la vie, qui a fait traverser l’Histoire au peuple juif jusqu’aujourd’hui.
A cette mitsva de la soucca, la Torah a ajouté celle d’agiter 4 espèces végétales, nommés Loulav (du nom de la plus grande tige) ou arbâ minim « 4 espèces », que la tradition orale a ainsi identifié : 1 branche de palmier, 2 branches de saule, 3 branches de myrte et 1 étrog « cédrat ». La Torah ne justifie pas cette pratique, mais elle s’explique, en cette période automnale,comme un geste de reconnaissance envers les pluies de bénédictions offertes par le Miséricordieux. Durant l’office, le fidèle agite ces 4 espèces, notamment en récitant Hosanna « Sauve-nous », et en formant une procession autour du rouleau de la Torah, nommée hakafoth.
Les fêtes de pèlerinage en général, et celle de Souccot, étaient originellement des fêtes agricoles : Pessa’h correspondant à la germination, Chavouot à la moisson du blé et Souccot à l’engrangement final. Par la sortie d’Egypte elles prennent une dimension religieuse : la sortie d’Egypte, le don de la Torah et la traversée du désert. Ainsi le fidèle pose que le Dieu de la morale (YHWH) est aussi le Dieu de la Nature (Elohim), affirmation liturgique répétée depuis Roch Hachana jusqu’à Kippour : « YHWH est Elohim ».
Pour maintenir ce caractère agricole de la fête, la loi juive demande de recouvrir le toit uniquement avec des branchages végétaux, sans utilisation de métal ou de peaux de bête. Cette cabane plus en moins grande, pouvant contenir entre 1 personne et plus de 100, (dans certaines cours d’hôtel en Israël), est joliment décoré à l’intérieur, on y suspend des fruits, on y appose des tissus colorés ou des représentations de Jérusalem (Yerushalayim), la cité de David.
La Soucca possède des murs mais pas de porte d’entrée, afin de pouvoir accueillir les membres de la communauté, la famille, les amis, juifs et non-juifs.
Ajoutons que la Torah ajoute une 3e mitsva pour cette fête de Souccot : la joie, la sim’ha. C’est pourquoi dans la prière, elle est surnommée Souccot : zéman simhaténou « le temps de notre joie ». Après le pardon de Kippour et l’engrangement des récoltes, le fidèle se réjouit devant l’Eternel de tous ses bienfaits matériels et spirituels. Les mystiques affirment que Dieu ne se trouve pas dans la tristesse, mais dans la joie.
La fête de Souccot s’étendant sur 7 jours, la tradition juive a fait correspondre à chaque jour un fondateur de l’identité d’Israël : Abraham (et Sarah), Isaac (et Rebecca), Jacob (Rachel et Léa), Joseph (et Asnat) Moïse (et Tsipora), Aaron (et Elishéba), David (et Bethsabée). On parle des ouchpizimou « invités d’honneur ». Les patriarches et les matriarches ont fondé l’identité d’Israël, Moïse et Aaron leur ont apporté la Loi et le Culte, David a fondé la royauté sur la terre d’Israël. En vivant Souccot nous revivons les origines de notre histoire.
Durant la prière de Souccot, en plus des psaumes et des poèmes particuliers, les juifs lisent chaque jour dans la Torah un passage concernant les sacrifices. A l’époque du Temple on offrait au total des jours 70 taureaux. Or 70 est le nombre symbolique de l’universel (le nombre de peuples nés après le déluge). Ici l’universalisme d’Israël s’exprime totalement : après avoir vécu son jour d’Expiation des fautes (Kippour), Israël – dont la vocation est d’être « royauté de prêtres » au milieu des nations – offre 70 sacrifices d’expiation pour les 70 peuples de la terre. Une manière de traduire « elles seront bénies par toi (Abraham) toutes les familles de la terre. » (Gn 12, 3).
Le dernier jour de Souccot porte le nom de Hochana Rabba « Grande Délivrance ». Ce sont les kabbalistes de Safed (16es.) qui ont invité les fidèles à rester éveillés toute la nuit en étudiant la Torah et en récitant une liturgie de Kippour. Les mystiques affirment que le décret divin au final n’est pas scellé à Kippour mais à la fin de Souccot, pour permettre à Israël d’augmenter son mérite par les mitsvot accomplis durant la fête des Cabanes. Hochana Rabba s’achève par un office matinal avec une liturgie particulière.
La célébration d’Hochana Raba (demandes nombreuses de grâce) est très particulière et intéressante malgré son heure matinale : elle comporte plusieurs singularités ci-après : l’une est que c’est le dernier jour de Souccot, ‘Hag sim’haténou, la fête de notre joie ; une autre est la tradition de battre les feuilles de saule du loulav contre un objet dur pour en faire tomber des feuilles ceci au cours de processions (hakafoth) nombreuses.
On y souligne la joie de la fête en chantant le Hallel et, pendant les processions, de nombreux chants, mais on y chante également des Seli’hot (demandes de pardon) en considérant que le peuple juif a une « dernière chance » d’obtenir le pardon même après le « scellement » que nous a apporté Kippour.
Rosh Hashanah signifie « tête de l’année ». C’est le jour de l’an juif, mais surtout la célébration du Dieu-Créateur, juge de sa création.
La coutume est de se souhaiter une bonne année en s’offrant un morceau de pomme trempé dans du miel. La fête ouvre dix jours de pénitence, de prière, de réconciliation ; le dixième est le jour de Kippour.
Selon la Torah, le 1e jour de l’année est le 1e nissan, mois de la sortie d’Egypte et de la naissance du âm Israël, reléguant le « jour de la sonnerie » (yom térouâ) au 1e jour du 7e mois. Au retour de l’exil de Babylone, le calendrier fut repensé, et le 1e jour du 7e mois devint le Roch Hachana « Tête de l’Année ». Roch Hachana tombe toujours au début de l’automne (septembre octobre). Dès lors les sonneries du shofar (corne de bélier) marquent le début de l’année religieuse et la fin du cycle agricole.
Roch Hachana baigne dans une atmosphère joyeuse, teintée par une liturgie qui élève le cœur vers le Ciel. C’est au cours de la prière du matin, lors du moussaf, que 100 sonneries seront entendues par les fidèles. La prière Avinou Malkénou« notre Père notre Roi » traduit toute la foi d’Israël qui s’en remet totalement aux décisions divines dans l’espérance d’une année de santé, de réussite et de paix. De célèbres chanteurs ont repris ce poème, comme Barbara Streisand.
Yom Kippour, ou Jour du grand pardon, jeûne absolu de 25 heures, offices à la synagogue centrés sur la reconnaissance des péchés personnels et communautaires, l’appel à la miséricorde divine.
Selon la Torah, le 10e jour du 7e est nommé Yom Hakipourim « Jour des Expiations » ou « Recouvrements » (des fautes), soit 10 jours après Roch Hachana. Par la suite on utilisera Kippour au singulier par évolution du langage. Si le Tanakh (Bible hébraïque) reste silencieux sur la manière dont on célébrait ce jour à l’époque du 1e Temple de Jérusalem, nous savons par la Mishna (rédigée entre 200 et 220) comment il se pratiquait à l’époque du second Temple. Pour le distinguer du Shabbat « Cessation », la Torah parle de Shabbat Shabbaton « Cessation de Cessation », ajoutant aux interdits du Shabbat, l’obligation d’un jeûne complet de 25 heures, de la veille au lendemain nuit.
Pourim est un mot perse ancien qui signifie (tirage aux) « sorts ». Ce nom est lié à l’histoire d’Esther.
Cette histoire se déroule dans l’Empire Perse au 5e siècle avant notre ère. Le roi Assuérus, cherchant une nouvelle reine, s’éprend d’Esther, nièce de Mardochée, une jeune exilée du royaume judéen (après la destruction du 1e temple en -586). Son oncle Mardochée, et père adoptif, lui recommande de ne pas dévoiler son identité juive (elle s’appelait Hadassa de son hébraïque), ce qu’elle fera. Mardochée refusant de se prosterner devant l’orgueilleux conseiller du roi, Haman, ce dernier décide une solution finale contre tout le peuple juif se trouvant dans les 127 provinces royales. Il décide de tirer aux sorts la date de cette extermination. Grâce au courage d’Esther qui risque sa vie pour son peuple, le projet d’Haman se retournera contre lui. Le jour de deuil devient un jour de joie pour Israël, soit le 14 adar.
Si Hanouka souligne le danger d’une disparition spirituelle de la Torah et donc du peuple juif, Pourim rappelle les dangers de l’extermination d’un peuple livré aux nations, sans le moindre moyen de se défendre. Dans le rouleau d’Esther, le nom divin n’est pas mentionné une seule fois, sans doute volontairement, pour souligner ce temps de l’exil qui est le temps du voilement de Dieu. Bien que le nom Esther renvoie à la déesse Ishtar (c’est pourquoi on ne pouvait soupçonner sa judéité), les sages y ont vu l’idée de voilement (qui donne en français « mystère »), ce voilement de Dieu qui se cache dans l’Histoire (homophonie d’Esther).
Esther, comme d’autres femmes de la Bible, symbolise le courage de la survie d’Israël dans les moments les plus difficiles, d’hier et d’aujourd’hui.
Les rabbins y ont vu un message si important qu’ils ont institué cette fête pour les générations futures.
Hanouka signifie « Inauguration », et rappelle la victoire du peuple judéen contre l’occupation grecque 2 siècle avant notre ère.
En effet, après la conquête de la Judée par Alexandre le Grand le roi syro-grec Antiochus IV Épiphane, décide d’imposer le culte helléniste, en interdisant le culte juif. Sous l’impulsion d’un grand prêtre Matatiahou de la famille des Hasmonéens, et surtout de ses 5 fils dont Juda dit Maccabée (Martel), le petit peuple se révolte contre l’occupant et finit par libérer Jérusalem et son Temple. Les juifs décident alors d’allumer la ménora, le chandelier à 7 branches, avec de l’huile consacrée, mais toutes les huiles ont été souillées, sauf une fiole contenant suffisamment d’huile pour brûler 1 jour. Un miracle se produit et les flammes de la ménora brûlent 8 jours. C’est ainsi que le 2e Temple de Jérusalem fut ré-inauguré dont le nom de Hanouka. C’est en souvenir de ce miracle que les maîtres ont instauré l’allumage de la hanoukia durant 8 jours.
Publié le 30 septembre 2026
Quelles sont les fêtes juives ?
Pessah (Pâque) rappelle la sortie d’Égypte du peuple juif.
C’est le « passage » de la servitude à la liberté. La fête dure sept jours. Le rite principal se déroule en famille, à la tombée de la nuit, autour d’un repas rituel, le seder, qui donne lieu à une liturgie particulière faite de bénédictions, de récits et de chants.
Pessa’h (Pâque) célèbre la naissance du peuple d’Israël, libéré de la servitude d’Égypte, par l’intervention divine, via Moïse. C’est la fête fondatrice de toutes les autres, et c’est en référence à cette libération que Dieu se présentera dans la parole inaugurale du Décalogue.
Lors de la 10e et dernière plaie (la mort des premiers-nés) les Hébreux restent dans leur maison, consommant du pain azyme (matsa), des herbes amères (maror), et un agneau grillé, dont le sang avait badigeonné les montants et les linteaux comme signe protecteur.
Cette première pâque servira de modèle rituel pour toutes les générations d’Israël.
Plus tard, Pessa’h devient la 1e fête de pèlerinage des tribus d’Israël, et lorsque le 1e Temple de Salomon fut bâti, puis le 2e, Jérusalem voit se rassembler les familles israélites pour consommer ces 3 aliments hautement mémoriels et symboliques.
La Torah a établi 7 jours de Pessa’h ainsi répartis : le 1e jour et le dernier sont chômés, les 5 jours intermédiaires sont demi-fêtes où le travail est autorisé.
En plus de la soirée pascale (doublée en dehors d’Israël), durant toute la fête de Pessa’h la consommation de pain et autres matières fermentées à partir de 5 céréales est interdites, sous des formes solides ou liquides. Ces 5 céréales sont : le blé, l’orge, l’avoine, le seigle et l’épeautre. Les autres céréales sont permises, bien que certaines communautés soient plus strictes (par l’exemple l’interdiction du riz ou de légumineuses).
Shavouot, ou pentecôte en grec, a lieu cinquante jours après pessah.
À cette fête est célébré le don de la Torah.
La fête de Chavouot « Semaines » se nomme ainsi car elle tombe 7 semaines après Pessa’h (le 6 sivan), et en constitue en quelque sorte l’aboutissement. Un peuple ne peut être libéré s’il n’a pas une loi pour le guider. On ne peut naître sans éducation. Cette loi s’exprimera d’abord dans le Décalogue, puis dans l’ensemble des mitsvot de la Torah».
Ce n’est pas la Torah écrite, mais la tradition rabbinique qui, par exégèse, met en relation la date du 6 sivan et le don de la Torah, mais depuis les temps antiques cette corrélation était bien établie.
Selon la Torah, Chavouot est la fête des prémices du blé (fête de la moisson) et à cette occasion l’on offrait sur l’autel du Temple 2 miches de pains réalisés avec cette farine. Tous ces actes de dépossessions expriment autant de gestes de gratitude envers le Créateur.
La correspondance entre la moisson du blé et le don de la Torah est ainsi expliquée par nos sages : le corps à besoin de blé et l’âme de la Torah, chaque partie de l’être a besoin de sa nourriture.
Le fait d’offrir deux pains de blé à Chavouot alors que le 2ejour de Pessa’h on offrait de l’orge brute est ainsi expliqué : A Pessa’h, les Hébreux sortis d’Egypte avaient été réduits au rang d’animaux à qui l’on donne le l’orge brute. Par le cheminement de la période de l’Ômer, leurs ancêtres ont atteint leur humanité, symbolisée par la consommation du pain de blé.
Le mot Chavouot « Semaines » évoque Chavouâ « Serment », car le don de la Torah ressemble à un serment mutuel entre Dieu et les enfants d’Israël. Le Midrach compare cette rencontre à un mariage : Dieu, le marié ; Israël, la mariée ; Moïse, l’officiant, les tables de la Loi, l’alliance, et pour la houppa (dais nuptial), Dieu retourna le mont Sinaï comme un toit.
Soukkot, ou Fête des Tentes, dure sept jours et se célèbre à l’automne.
Elle fait mémoire de la traversée de 40 ans du désert par le peuple juif quand Israël vivait sous la tente et que son seul recours était Dieu.
5 jours après Kippour, Israël célèbre la 3e fête de pèlerinage, la fête de Souccot dite « des cabanes ». Cette solennité joyeuse rappelle les habitations précaires dans lesquelles vivaient les Hébreux, sortis d’Egypte. Certes ils ne vivaient pas dans de jolies cabanes décorées de fleurs comme celles d’aujourd’hui, mais dans des tentes de bédouins ; et c’est au moment du retour de l’exil de Babylone, selon le livre de Néhémie (chap. 8) que l’on commença à construire des cabanes en bois avec un toit de feuillage.
En même temps que la soucca évoque les tentes des enfants d’Israël durant leur périple du désert (40 ans), la soucca symbolise la providence divine, cette alliance avec la vie, qui a fait traverser l’Histoire au peuple juif jusqu’aujourd’hui.
A cette mitsva de la soucca, la Torah a ajouté celle d’agiter 4 espèces végétales, nommés Loulav (du nom de la plus grande tige) ou arbâ minim « 4 espèces », que la tradition orale a ainsi identifié : 1 branche de palmier, 2 branches de saule, 3 branches de myrte et 1 étrog « cédrat ». La Torah ne justifie pas cette pratique, mais elle s’explique, en cette période automnale,comme un geste de reconnaissance envers les pluies de bénédictions offertes par le Miséricordieux. Durant l’office, le fidèle agite ces 4 espèces, notamment en récitant Hosanna « Sauve-nous », et en formant une procession autour du rouleau de la Torah, nommée hakafoth.
Les fêtes de pèlerinage en général, et celle de Souccot, étaient originellement des fêtes agricoles : Pessa’h correspondant à la germination, Chavouot à la moisson du blé et Souccot à l’engrangement final. Par la sortie d’Egypte elles prennent une dimension religieuse : la sortie d’Egypte, le don de la Torah et la traversée du désert. Ainsi le fidèle pose que le Dieu de la morale (YHWH) est aussi le Dieu de la Nature (Elohim), affirmation liturgique répétée depuis Roch Hachana jusqu’à Kippour : « YHWH est Elohim ».
Pour maintenir ce caractère agricole de la fête, la loi juive demande de recouvrir le toit uniquement avec des branchages végétaux, sans utilisation de métal ou de peaux de bête. Cette cabane plus en moins grande, pouvant contenir entre 1 personne et plus de 100, (dans certaines cours d’hôtel en Israël), est joliment décoré à l’intérieur, on y suspend des fruits, on y appose des tissus colorés ou des représentations de Jérusalem (Yerushalayim), la cité de David.
La Soucca possède des murs mais pas de porte d’entrée, afin de pouvoir accueillir les membres de la communauté, la famille, les amis, juifs et non-juifs.
Ajoutons que la Torah ajoute une 3e mitsva pour cette fête de Souccot : la joie, la sim’ha. C’est pourquoi dans la prière, elle est surnommée Souccot : zéman simhaténou « le temps de notre joie ». Après le pardon de Kippour et l’engrangement des récoltes, le fidèle se réjouit devant l’Eternel de tous ses bienfaits matériels et spirituels. Les mystiques affirment que Dieu ne se trouve pas dans la tristesse, mais dans la joie.
La fête de Souccot s’étendant sur 7 jours, la tradition juive a fait correspondre à chaque jour un fondateur de l’identité d’Israël : Abraham (et Sarah), Isaac (et Rebecca), Jacob (Rachel et Léa), Joseph (et Asnat) Moïse (et Tsipora), Aaron (et Elishéba), David (et Bethsabée). On parle des ouchpizimou « invités d’honneur ». Les patriarches et les matriarches ont fondé l’identité d’Israël, Moïse et Aaron leur ont apporté la Loi et le Culte, David a fondé la royauté sur la terre d’Israël. En vivant Souccot nous revivons les origines de notre histoire.
Durant la prière de Souccot, en plus des psaumes et des poèmes particuliers, les juifs lisent chaque jour dans la Torah un passage concernant les sacrifices. A l’époque du Temple on offrait au total des jours 70 taureaux. Or 70 est le nombre symbolique de l’universel (le nombre de peuples nés après le déluge). Ici l’universalisme d’Israël s’exprime totalement : après avoir vécu son jour d’Expiation des fautes (Kippour), Israël – dont la vocation est d’être « royauté de prêtres » au milieu des nations – offre 70 sacrifices d’expiation pour les 70 peuples de la terre. Une manière de traduire « elles seront bénies par toi (Abraham) toutes les familles de la terre. » (Gn 12, 3).
Le dernier jour de Souccot porte le nom de Hochana Rabba « Grande Délivrance ». Ce sont les kabbalistes de Safed (16es.) qui ont invité les fidèles à rester éveillés toute la nuit en étudiant la Torah et en récitant une liturgie de Kippour. Les mystiques affirment que le décret divin au final n’est pas scellé à Kippour mais à la fin de Souccot, pour permettre à Israël d’augmenter son mérite par les mitsvot accomplis durant la fête des Cabanes. Hochana Rabba s’achève par un office matinal avec une liturgie particulière.
La célébration d’Hochana Raba (demandes nombreuses de grâce) est très particulière et intéressante malgré son heure matinale : elle comporte plusieurs singularités ci-après : l’une est que c’est le dernier jour de Souccot, ‘Hag sim’haténou, la fête de notre joie ; une autre est la tradition de battre les feuilles de saule du loulav contre un objet dur pour en faire tomber des feuilles ceci au cours de processions (hakafoth) nombreuses.
On y souligne la joie de la fête en chantant le Hallel et, pendant les processions, de nombreux chants, mais on y chante également des Seli’hot (demandes de pardon) en considérant que le peuple juif a une « dernière chance » d’obtenir le pardon même après le « scellement » que nous a apporté Kippour.
Rosh Hashanah signifie « tête de l’année ». C’est le jour de l’an juif, mais surtout la célébration du Dieu-Créateur, juge de sa création.
La coutume est de se souhaiter une bonne année en s’offrant un morceau de pomme trempé dans du miel. La fête ouvre dix jours de pénitence, de prière, de réconciliation ; le dixième est le jour de Kippour.
Selon la Torah, le 1e jour de l’année est le 1e nissan, mois de la sortie d’Egypte et de la naissance du âm Israël, reléguant le « jour de la sonnerie » (yom térouâ) au 1e jour du 7e mois. Au retour de l’exil de Babylone, le calendrier fut repensé, et le 1e jour du 7e mois devint le Roch Hachana « Tête de l’Année ». Roch Hachana tombe toujours au début de l’automne (septembre octobre). Dès lors les sonneries du shofar (corne de bélier) marquent le début de l’année religieuse et la fin du cycle agricole.
Roch Hachana baigne dans une atmosphère joyeuse, teintée par une liturgie qui élève le cœur vers le Ciel. C’est au cours de la prière du matin, lors du moussaf, que 100 sonneries seront entendues par les fidèles. La prière Avinou Malkénou« notre Père notre Roi » traduit toute la foi d’Israël qui s’en remet totalement aux décisions divines dans l’espérance d’une année de santé, de réussite et de paix. De célèbres chanteurs ont repris ce poème, comme Barbara Streisand.
Yom Kippour, ou Jour du grand pardon, jeûne absolu de 25 heures, offices à la synagogue centrés sur la reconnaissance des péchés personnels et communautaires, l’appel à la miséricorde divine.
Selon la Torah, le 10e jour du 7e est nommé Yom Hakipourim « Jour des Expiations » ou « Recouvrements » (des fautes), soit 10 jours après Roch Hachana. Par la suite on utilisera Kippour au singulier par évolution du langage. Si le Tanakh (Bible hébraïque) reste silencieux sur la manière dont on célébrait ce jour à l’époque du 1e Temple de Jérusalem, nous savons par la Mishna (rédigée entre 200 et 220) comment il se pratiquait à l’époque du second Temple. Pour le distinguer du Shabbat « Cessation », la Torah parle de Shabbat Shabbaton « Cessation de Cessation », ajoutant aux interdits du Shabbat, l’obligation d’un jeûne complet de 25 heures, de la veille au lendemain nuit.
Pourim est un mot perse ancien qui signifie (tirage aux) « sorts ». Ce nom est lié à l’histoire d’Esther.
Cette histoire se déroule dans l’Empire Perse au 5e siècle avant notre ère. Le roi Assuérus, cherchant une nouvelle reine, s’éprend d’Esther, nièce de Mardochée, une jeune exilée du royaume judéen (après la destruction du 1e temple en -586). Son oncle Mardochée, et père adoptif, lui recommande de ne pas dévoiler son identité juive (elle s’appelait Hadassa de son hébraïque), ce qu’elle fera. Mardochée refusant de se prosterner devant l’orgueilleux conseiller du roi, Haman, ce dernier décide une solution finale contre tout le peuple juif se trouvant dans les 127 provinces royales. Il décide de tirer aux sorts la date de cette extermination. Grâce au courage d’Esther qui risque sa vie pour son peuple, le projet d’Haman se retournera contre lui. Le jour de deuil devient un jour de joie pour Israël, soit le 14 adar.
Si Hanouka souligne le danger d’une disparition spirituelle de la Torah et donc du peuple juif, Pourim rappelle les dangers de l’extermination d’un peuple livré aux nations, sans le moindre moyen de se défendre. Dans le rouleau d’Esther, le nom divin n’est pas mentionné une seule fois, sans doute volontairement, pour souligner ce temps de l’exil qui est le temps du voilement de Dieu. Bien que le nom Esther renvoie à la déesse Ishtar (c’est pourquoi on ne pouvait soupçonner sa judéité), les sages y ont vu l’idée de voilement (qui donne en français « mystère »), ce voilement de Dieu qui se cache dans l’Histoire (homophonie d’Esther).
Esther, comme d’autres femmes de la Bible, symbolise le courage de la survie d’Israël dans les moments les plus difficiles, d’hier et d’aujourd’hui.
Les rabbins y ont vu un message si important qu’ils ont institué cette fête pour les générations futures.
Hanouka signifie « Inauguration », et rappelle la victoire du peuple judéen contre l’occupation grecque 2 siècle avant notre ère.
En effet, après la conquête de la Judée par Alexandre le Grand le roi syro-grec Antiochus IV Épiphane, décide d’imposer le culte helléniste, en interdisant le culte juif. Sous l’impulsion d’un grand prêtre Matatiahou de la famille des Hasmonéens, et surtout de ses 5 fils dont Juda dit Maccabée (Martel), le petit peuple se révolte contre l’occupant et finit par libérer Jérusalem et son Temple. Les juifs décident alors d’allumer la ménora, le chandelier à 7 branches, avec de l’huile consacrée, mais toutes les huiles ont été souillées, sauf une fiole contenant suffisamment d’huile pour brûler 1 jour. Un miracle se produit et les flammes de la ménora brûlent 8 jours. C’est ainsi que le 2e Temple de Jérusalem fut ré-inauguré dont le nom de Hanouka. C’est en souvenir de ce miracle que les maîtres ont instauré l’allumage de la hanoukia durant 8 jours.
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Publié le 30 septembre 2026